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kpmg women's pga classement provisoire

Ina Yoon, la sud-coréenne qui défie le passé à Hazeltine

L’histoire du golf adore les paradoxes, et Ina Yoon, leader du KPMG Women’s PGA, en propose un de haute volée : une joueuse jadis bannie sur son circuit national, désormais impériale à Hazeltine, dans le Minnesota. Si vous cherchez du suspense, attendez samedi soir ; pour l’instant, Yoon joue comme on referme méthodiquement une valise qui a trop voyagé : sans trembler, ni forcer, mais avec la ferme intention de ne rien laisser dépasser.

À la veille du week-end, le kpmg women's pga classement provisoire donne le ton : Yoon a claqué un 63 inaugural – égalant au passage le record du parcours – puis un solide 69. Douze coups sous le par, cinq d’avance sur un peloton où l’on retrouve A Lim Kim, Hea Ran Ryu, Nasa Hataoka et Brooke Henderson, mais surtout six longueurs sur la locomotive Nelly Korda. Ce genre d’écart, à mi-tournant d’un majeur féminin, relève de la rareté : il faut remonter à 2010 pour retrouver une avance similaire à ce stade.

Quand la pression change de camp

« Ce n’est pas facile d’avoir une grosse avance en majeur », glisse Nelly Korda avec ce flegme qui n’a rien d’anglo-saxon. De fait, l’histoire du golf regorge de leaders trahis par l’adrénaline et les tartines de birdies avalées trop tôt. Mais Yoon semble savourer cette première, elle qui proclamait vendredi soir sur le practice que « c’est une super expérience ». On la croit volontiers, tant son jeu conjugue régularité (86 % de greens en régulation) et efficacité sur les greens (troisième au putting). De quoi faire douter les plus aguerries, d’autant que la Sud-Coréenne mène aussi le bal des birdies avec 14 unités.

Hazeltine, entre mémoire et mirages

Hazeltine National, c’est un peu le Colisée des modernes : les grandes batailles y laissent des cicatrices (on pense à la Ryder Cup, à la victoire d’Hannah Green en 2019), et la météo sait souffler le chaud et le froid. Le scoring moyen après 36 trous (73.098) place cette édition parmi les plus abordables depuis 35 ans, signalant soit une préparation dantesque des joueuses, soit une bienveillance inhabituelle du parcours – que les survivantes du cut (+1) savoureront à leur manière.

L’ombre portée du passé : Yoon, entre rédemption et démonstration

Impossible d’ignorer la trajectoire singulière d’Ina Yoon, autrefois sanctionnée sur la KLPGA. Sans jamais sombrer dans la psychanalyse de comptoir, il faut reconnaître que son présent américain prend une saveur particulière dans ce contexte. Les grands tournois adorent les récits de rédemption — celui-ci, sans doute, pimentera la dramaturgie du week-end.

Les poursuivantes : Korda, Henderson et le retour de Ryu

Que penser de la meute ? Nelly Korda, la plus redoutée du circuit, conserve une chance réelle, même à six coups. Elle ajuste son swing en temps réel, plaisante avec son caddie sur ses trajectoires, et rappelle que l’expérience du Chevron a vacciné contre la peur d’être « chassée ». Brooke Henderson, quant à elle, termine sur trois birdies, portée par une bouffée de bonnes nouvelles familiales. Hea Ran Ryu, de retour après une intervention en Corée, complète un deuxième rang qui promet.

Et côté européen ?

Pas de françaises citées dans le peloton de tête — le néant, hélas, pour l’instant côté tricolore. Les européennes historiques, à l’image de Charley Hull ou de la tenante Minjee Lee, ont manqué le cut d’un souffle. Reste l’espoir d’un week-end où la stratégie et la gestion du stress pourraient redistribuer les cartes, surtout face à une leader jamais testée dans cette position au plus haut niveau.

L’avenir du leadership féminin en majeur

Au-delà du simple écart de points, ce KPMG Women’s PGA éclaire la mutation du golf féminin : nouveaux visages, pression accrue dès le vendredi, et une science du parcours qui n’a plus rien à envier aux scènes masculines. Reste à voir si Hazeltine, samedi et dimanche, tiendra son rang d’arbitre impitoyable ou offrira à Ina Yoon son premier grand sacre international — et peut-être, un nouveau chapitre pour la LPGA.

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