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U.S. Adaptive Open 2026

Woodmont, là où le golf ne s’excuse pas d’être différent

Le golf a cette élégance rare : il ne regarde ni l’âge, ni la silhouette, ni même l’intégrité d’un swing classique. C’est du moins ce que prouve le Woodmont Country Club, théâtre du U.S. Adaptive Open 2026, cinquième édition d’un championnat qui, chaque année, met les idées préconçues hors-limites.

Ici, on oublie la course aux metres au drive ; la vraie distance se mesure à l’ampleur du terrain humain. 96 joueurs, 8 catégories d’handicap, de 15 à 76 ans, venus rappeler que le mot « open » a un sens plus large qu’un simple cut du vendredi.

Pourquoi le U.S. Adaptive Open n’est pas un tournoi comme les autres ?

Imaginez un leaderboard où la diversité n’est pas une case à cocher mais une règle du jeu. À Woodmont cette semaine, chaque drive, chaque putt, chaque club personnalisé raconte une histoire d’adaptation — la vraie, celle qu’aucun fitting ne pourra jamais égaler.

Le format est clair : 54 trous, 96 joueurs sélectionnés parmi 250 candidatures, sur cinq longueurs de parcours ajustées selon l’impairment. Le plus long, 6 421 yards ; le plus court, 3 575 yards — là où le rough ne fait pas de favoritisme. Huit catégories d’handicap, de la prosthèse à la coordination, via les seated players ou les amputés multiples. Pas de case “autre” : chaque joueur a sa place, sa routine, son caddie et son rêve.

Woodmont Country Club : du classicisme à l’ouverture

Ce n’est pas un links venteux du littoral anglais, ni l’écrin musclé d’Augusta. Mais le South Course de Woodmont a ce petit quelque chose, ce charme USGA, entre doglegs subtils et greens qui ne pardonnent rien. Depuis son inauguration sur ce tournoi en 2022, le parcours s’est taillé une réputation de grande fair-play, sans jamais sacrifier le challenge.

En recevoir l’U.S. Adaptive Open, c’est assumer un peu plus chaque année l’idée que le golf inclusif n’est pas une sous-catégorie, mais bien une vitrine de ce sport mondial. Cette édition, à Rockville (Maryland), le confirme encore : on peut être triple tenant du titre (Kipp Popert), ancienne caddie sur le PGA Tour Champions (Karen Veriato) ou benjamin instagrammable (Tommy Morrissey), le Sud de Woodmont accueille tout ce beau monde à armes (presque) égales.

Les figures qui redéfinissent le swing

Le plateau 2026 aligne de vraies têtes d’affiche. Dennis Walters, 76 ans, doyen et Hall of Famer, remet en jeu sa légende et sa catégorie Seated Players. Tommy Morrissey n’a pas l’âge de Tiger à Valhalla mais déjà plus de followers qu’un pro du Challenge Tour : né sans l’avant-bras droit, invité constant dans la conversation mondiale sur le handicap sportif.

Kipp Popert vise la passe de quatre, Kim Moore le doublé. Ajoutez Joshua Philbeck (né avec huit doigts et pas de pouces, catégorie amputés multiples) ou Karen Veriato (Parkinson, chirurgies lourdes, première en coordination), et vous tenez une brochette à faire pâlir bien des pro-am. Ici, l’inspiration n’est pas un storytelling, mais une donnée brute du leaderboard.

Un format qui bouscule les dogmes du golf international

L’U.S. Adaptive Open n’est pas une simple exhibition. Sélections sur dossier, qualifications dans huit états américains, règlement USGA strict, catégories précises : l’organisation ne laisse pas la place à la caricature. Le golf inclusif sort du folklore pour s’installer, petit à petit, dans le calendrier mondial.

L’absence (pour l’instant) de champion(s) français ou européens au palmarès interroge : question de densité de pratique, de politique fédérale, ou simple retard à l’allumage ? À méditer du côté de la Fédération française de golf et de la filière handigolf nationale, tant l’événement prouve que la performance de haut niveau n’est pas incompatible avec l’adaptation.

Un rendez-vous qui change la perception… et la pratique

Au-delà du tableau des scores — inconnu à l’heure où ces lignes sont tapées —, le U.S. Adaptive Open 2026 s’impose comme un tournant. À la télévision (Golf Channel, le 8 juillet, 13h-16h E.T.) comme dans les clubs du monde entier, l’événement fait tomber les barrières physiques, mentales et parfois administratives.

Reste à voir quelle résonance l’événement trouvera en Europe. La balle est dans le camp des institutions, mais aussi des clubs qui, partout, découvrent que le golf adapté n’est pas une exception, mais pourrait bien devenir la règle. Woodmont l’a compris avant les autres.

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Sources et références

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