Vingt ans plus tard, la victoire de Tiger Woods au PGA Championship 2006 à Medinah reste une pierre angulaire de l’histoire du golf professionnel. Dès le samedi, Woods assoit sa domination par un 65 lumineux, puis parachève son triomphe le dimanche grâce à une maîtrise totale des secteurs clés du jeu : précision dans le petit jeu, coups de fer spectaculaires, et un putting chirurgical symbolisé par des birdies décisifs de plus de dix mètres. Ce succès signe l’évolution mature du champion, passé du prodige intuitif de 1999 à Medinah à l’architecte d’un jeu complet et réfléchi.
L’édition 2006 tranche par son absence totale de suspense : ni Luke Donald ni Mike Weir, pourtant brillants la veille, ne parviennent à tenir la cadence. Dès le tournant du dernier tour, l’écart est fait ; la victoire, inéluctable. Woods accomplit ainsi une performance rare : quatre tours sous les 70, pour égaler le record du tournoi et illustrer sa suprématie dans les moments décisifs. Son rapport à la pression renverse la logique habituelle, imposant la crainte du favori – non chez lui, mais chez ses poursuivants.
Plus qu’un titre supplémentaire, Medinah 2006 est le marqueur de la mutation de Woods : expérience, contrôle du swing, choix de coups spectaculaires, maîtrise émotionnelle héritée d’une décennie au plus haut niveau. Ce triomphe relance alors le débat sur sa poursuite des records de Jack Nicklaus et consacre définitivement son statut de maître des grands chelems.
L’anniversaire de ce moment-charnière sublime le dialogue entre passé et avenir du golf d’élite, rappelant combien la grande histoire du PGA s’écrit dans la longévité et la capacité de se réinventer à chaque défi.





