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Solheim Cup 2026

Solheim Cup à Amsterdam : quand le rêve néerlandais de Dewi Weber se heurte au règlement

Cela aurait pu devenir un conte de fées orange. Imaginez : Dewi Weber, 30 ans, héroïne locale, débarque à la Solheim Cup 2026, sous les hourras d’Amsterdam, pour porter l’Europe sur ses terres. Sauf que, comme souvent au golf, la magie bute sur un règlement écrit à l’encre indélébile par des gens qui n’ont sans doute jamais tenté un chip dans un bunker mouillé.

L’histoire a pourtant tout du roman. Fraîchement propulsée à la 82e place mondiale après une 3e place à Hazeltine – sa meilleure performance sur le LPGA Tour et un chèque de 752 089 $ qui double ses gains en carrière – Weber pensait avoir ouvert grand la porte du vestiaire européen. Mais la Solheim Cup ne se livre pas au mérite du leaderboard ni au baromètre des émotions nationales. Il y a le règlement, et le règlement s’en moque : sans statut sur le Ladies European Tour, même la wild card lui reste inaccessible.

Un passeport LET ou rien : la mécanique impitoyable des sélections

C’est l’une de ces absurdités typiquement golf, à ranger entre le drop obligatoire dans la zone à pénalité et le débat éternel sur le rollback de la balle. Pour représenter l’Europe à la Solheim Cup, il faut impérativement détenir une carte LET, ou à défaut, gagner un tournoi co-sanctionné LET ou un majeur éligible avant la sélection. Pas de passeport, pas d’embarquement, même au pays natal. C’est ainsi que Dewi Weber, malgré son ascension express et son poster déjà imprimé dans tous les clubhouses néerlandais, se retrouve… spectatrice.

La jurisprudence Matilda Castren : l’autre “fairytale” à la scandinave

Les amoureux du golf féminin se souviennent du scénario Castren en 2021. Victorieuse sur le LPGA à Lake Merced, mais sans statut LET, la Finlandaise avait dû s’empresser d’aller s’imposer sur le Grant Ladies Open, histoire de cocher la bonne case à temps. La suite ? Première Finlandaise sélectionnée, putt décisif, conte nordique validé. Mais la marche était moins haute pour Castren : plus de créneaux LET dans le calendrier, moins de concurrence au Scottish. Pour Dewi Weber, la mission s’annonce façon ascension à la corde sur un green détrempé : il ne reste que deux majeurs et un Scottish Open, tous trustés par le gotha du golf mondial féminin.

Derrière le règlement, un enjeu d’image pour le golf européen

Le cas Weber pose une question simple : peut-on continuer à priver une locale, célébrée au plus haut niveau mondial, de la plus grande scène continentale chez elle, pour une carte de membre ? Les instances européennes invoquent la cohérence, mais l’impact médiatique d’une Weber en Solheim Cup, le public local et les sponsors y verraient un tout autre intérêt. Pour l’instant, l’orthodoxie prime : Weber devra gagner sa place par la grande porte, à la puissance du drive et à la précision du putter.

Les prochaines étapes : Hazeltine, Scottish, et la quête du Graal

D’ici la clôture de la sélection après Royal Lytham, Weber n’a qu’une issue : s’imposer sur le Scottish, ou l’un des deux derniers majeurs, tous co-sanctionnés LET. Autrement dit, battre le gratin mondial là où le moindre point de ranking se gagne au finish. Mission impossible ? Pas forcément : le golf aime les rebondissements. Mais la pression, elle, ne sera pas fictive sur le tee du 1.

Ce que nous dit l’affaire Weber pour la France et l’Europe

L’anecdote dépasse le simple cas néerlandais. Elle questionne la rigidité des sélections européennes, alors que le vivier de talents explose sur le LPGA bien au-delà des frontières historiques du LET. À l’heure où la France rêve d’une héroïne tricolore en Solheim Cup, la morale est limpide : rien ne sert de briller à l'étranger si l’on ne coche pas d’abord la case LET. De quoi méditer dans les allées de l’Albatros… ou autour d’un café au clubhouse d’Amsterdam en septembre prochain.

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