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Open britannique 2026

Royal Birkdale, 62 fois l’histoire : quand l’Open remet les pendules à zéro

Le Royal Birkdale a ses petits secrets, mais rarement deux cartes de 62 ont été aussi bruyamment révélées. Vendredi 17 juillet 2026, sur la Mersey, Lucas Herbert et Sam Burns ont, à trente minutes d’intervalle, égalé le record du score le plus bas jamais signé dans un Majeur masculin. Ici, pas de coup de génie isolé, mais une doublette qui sonne comme un uppercut aux vénérables traditions du links anglais.

Quand l’histoire s’écrit à deux voix

Le fairway, ce jour-là, avait des airs d’auditorium. Herbert d’abord, tout près d’un 61 historique, voit son putt de cinq pieds au 18 glisser sur la lèvre : 62, comme la poignée d’initiés avant lui. À peine le temps de ranger son relève-pitch que Sam Burns, depuis un bunker capricieux, dégaine à son tour le birdie du 18. Même score, même jour, même stupeur sur le leaderboard.

L’histoire adore les coïncidences, mais le golf les chérit. Ce n’est que la deuxième fois que deux joueurs rendent un 62 le même jour dans l’élite masculine. Signe des temps ou simple alignement des astres ?

Le 62 en Majeur : Graal ou nouvelle normalité ?

Longtemps, le 63 fut la limite à ne pas franchir, la barrière psychologique autant que technique. Depuis 2017, et la première brèche ouverte par Branden Grace à Royal Birkdale justement, le 62 s’est invité dans la conversation. Sept joueurs l’ont désormais atteint [À VÉRIFIER], mais rarement dans une telle synchronie.

On peut gloser sur l’évolution du matériel, le fitting aux petits oignons ou les greens plus roulants, mais le 62 reste une anomalie. Une main chaude, une météo complice, et une lucidité de sniper à chaque putt. La double performance, elle, reste un crash test grandeur nature pour les architectes du parcours.

Royal Birkdale, juge impartial ou complice malgré lui ?

Il faut connaître Birkdale pour apprécier la portée du geste. Links du Lancashire, meubles en acajou et bunker aussi profonds que la mer d’Irlande un soir de tempête. Ici, les champions sont forgés au gré du vent et de la patience. Que deux joueurs brisent la grille dans la même journée, c’est offrir au débat du rollback de la balle de golf un argument tout trouvé.

Le parcours a-t-il perdu de sa morsure ? Ou bien faut-il saluer l’évolution des joueurs, capables de dompter un monstre centenaire sans sourciller ? L’équilibre entre tradition et modernité n’a jamais été si précaire.

Les records, un miroir du jeu moderne

Un 62 en Majeur, c’est la preuve vivante que le golf ne cesse de s’inventer. Mais la barre vient d’être placée encore plus haut – ou plutôt plus bas – par Haeran Ryu, auteure d’un 60 (-11) la semaine précédente à l’Amundi Evian. L’égalité des genres n’est pas un vain mot quand il s’agit de faire tomber les standards.

Pour autant, ces exploits ne sauraient masquer la magie des Majeurs : on vient y défier l’histoire, et parfois, on l’égale. Herbert et Burns, sans concertation mais avec brio, gravent leur nom là où le score raconte autant que le swing.

Et demain ? Les Majeurs à l’épreuve de leur propre légende

Rien ne dit que ce double 62 restera un OVNI statistique. L’évolution des balles, la quête du parfait fitting et la pression des records font de chaque Majeur un laboratoire. Mais si l’histoire du golf nous enseigne une chose, c’est que les parcours finissent toujours par reprendre leurs droits – quitte à serrer un peu plus les vis pour la prochaine génération.

Le Royal Birkdale, lui, a offert un théâtre à la hauteur de la performance. Reste à savoir si le 62 deviendra routine ou si les dieux du golf, jaloux de leurs légendes, remettront les compteurs à zéro dès l’an prochain.

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