Résister à la chaleur et à la tension d’un qualifieur majeur, c’est d’abord une affaire de lucidité autant que de technique. Lucy Li, chevronnée du LPGA à seulement 23 ans, et Kaylyn Noh, jeune professionnelle sortie de l’université, ont illustré ce 15 mai à Bermuda Dunes Country Club combien l’accès à l’US Women’s Open relève d’une sélection redoutable, où chaque détail s’impose.
Sur un parcours implacable, rendu nerveux par près de 100 degrés, des vents croissants et des greens laissés sans arrosage, elles furent les deux seules à finir sous le par (-1, total de 143 sur 36 trous). Li a alterné birdies et gestion pragmatique des erreurs, scellant sa place sur le 18ème trou malgré un mauvais drive. Son expérience des majeurs, acquise tôt, sert ici surtout à canaliser l’excitation, selon ses propres mots, plutôt qu’à garantir quoi que ce soit face à un tel défi.
Kaylyn Noh, quant à elle, a construit son billet à travers un finish éblouissant au matin – birdie, birdie puis eagle avec une attaque de green parfaite. Conseillée par son caddie sur un choix de trajectoire, elle a su capitaliser sur la moindre fenêtre favorable du jeu, malgré une matinée perturbée par un contretemps. Sa première participation à l’US Women’s Open, à quelques kilomètres de l’endroit où elle a franchi le cap professionnel il y a un an, souligne le renouvellement permanent du champ dans les grands rendez-vous féminins.
Au-delà du résultat, le parcours de ces deux golfeuses révèle la difficulté intrinsèque de l’accès à un majeur aux États-Unis et la nécessité d’adapter sa stratégie et son mental lorsque les éléments se déchaînent. Un enjeu que partageront cette année toutes les sélectionnées au Riviera Country Club, théâtre réputé pour sa subtilité stratégique et son exigence technique.
L’ouverture de l’US Women’s Open à cette diversité de profils et de parcours, sur fond de conditions extrêmes, nourrit la dimension culturelle du circuit féminin international et renforce les mythes du golf d’élite.





