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leaderboard kpmg women's pga championship 2026

Ina Yoon et l’improbable échappée belle à Hazeltine

Un samedi de Moving Day au KPMG Women's PGA Championship, c’est un peu comme un troisième acte de film noir : il ne faut pas cligner des yeux. Surtout quand une Sud-Coréenne, à l’histoire plus tortueuse qu’une ligne de putt à Augusta, décide de faire exploser le leaderboard.

Ina Yoon, jadis persona non grata sur le KLPGA pour cause de triche notoire (n’est pas Lance Armstrong qui veut, mais tout de même), semble aujourd’hui transformer chaque green de Hazeltine National en piste d’atterrissage pour birdies. En 36 trous, la voilà à -12 – cinq coups d’avance, un chiffre qui rappelle curieusement la domination glaciale de Cristie Kerr en 2010. La mode revient, même en golf.

Hazeltine, temple ou épreuve du feu ?

Rarement un parcours aura autant marqué la mémoire collective des grands championnats américains. Hazeltine National, c’est ce vieux manoir du Midwest où rien ne se passe jamais comme prévu. Entre rough épais comme un roman russe et greens plus roulants que la pelouse de Wimbledon, il n’a pas toujours été tendre avec les favorites. On se souvient encore de l’édition 2019 où le parcours avait fait sa propre sélection naturelle, façon Jurassic Park.

Cette année, la météo se montre clémente – pas de vent à décorner un driver, mais suffisamment de pression atmosphérique pour que les swings se tendent. Les birdies restent chers, sauf pour Yoon, qui atteint 86 % de greens en régulation. À l’évidence, le stress post-KLPGA a du bon.

La Sud-Corée, usine à championnes ou loterie nationale ?

Le haut du leaderboard a, une fois encore, des consonances qui fleurent bon Séoul : A Lim Kim, Dongeun Lee, Hae Ran Ryu. La filière sud-coréenne fonctionne à plein régime, mais il serait réducteur d’y voir un simple phénomène de masse. Yoon, avec 14 birdies en 36 trous, rappelle que le talent individuel perce toujours le plafond du système.

Du côté de Nelly Korda ou Brooke M. Henderson, on fait le dos rond. Les stars occidentales, elles, doivent composer avec une adversité coréenne qui ne relève plus du sujet sociologique mais bien d’un rapport de force sur les parcours du monde entier.

Le poids du passé : entre rédemption et record

Ce qui fascine le plus chez Ina Yoon n’est pas tant sa feuille de score que la façon dont elle s’est bâti une armure. Suspendue pour triche sur le KLPGA, adoubée ensuite par les résultats, elle mène la danse sur l’un des plus prestigieux majeurs du calendrier. Un 63 d’entrée, suivi d’un 69 stratégique ; l’art de raconter l’histoire avant le dernier acte, mais sans spoiler.

L’avance de cinq coups, la plus large depuis Cristie Kerr en 2010 à ce stade, met la pression sur toutes les poursuivantes. Mais Hazeltine a déjà vu des leaders vaciller au petit matin du dimanche. Méfiance donc : au golf, la planche savonneuse n’est jamais loin.

Le cut et les grandes absentes : quand la scoumoune frappe

Dans les vestiaires, l’ambiance n’est pas à la dolce vita pour tout le monde. Éjectées dès vendredi soir, la tenante du titre et la dernière vainqueur du KPMG à Hazeltine regarderont la suite du tournoi depuis le clubhouse, sirotant sans doute un café aussi serré que leur cut manqué. La dure loi du leaderboard n’épargne personne, et rappelle que la gloire est volatile, surtout sur une herbe aussi sélective que celle du Minnesota.

Et la suite ?

Si la logique est respectée, Yoon pourrait bien offrir à la LPGA l’une des plus grandes histoires de rédemption de ces dernières années. Mais au golf, l’histoire s’écrit toujours dans le vent du dimanche et la lumière rasante du 18. Pour celles et ceux qui rêvent de voir les Françaises venir troubler l’ordre établi, il faudra attendre encore un peu — ou relire les exploits passés sur d’autres majeurs.

Curieux de comprendre pourquoi chaque édition du KPMG, même lointaine, façonne la légende du golf féminin ? L’histoire ne fait que commencer.

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Sources et références

PGA Tour

LPGA

KPMG Women's PGA Championship

Hazeltine National Golf Club

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