Une tension familière plane sur Aronimink : la configuration du parcours lors de ce PGA Championship suscite une levée de boucliers inhabituelle parmi l’élite mondiale. Dès les premiers tours, Rory McIlroy, Shane Lowry et Scottie Scheffler ont publiquement égratigné la sévérité de certaines positions de drapeau et la subtilité déroutante des greens restaurés par Gil Hanse, héritiers du dessin de Donald Ross.
L’essentiel du débat s’est cristallisé autour des drapeaux placés sur des sections surélevées, flirtant parfois avec la limite du praticable. McIlroy, bogey-free sous une météo plus clémente, a souligné la difficulté à creuser tout écart : « Facile de faire des pars, difficile d’attaquer le birdie, mais le moindre faux pas ne pardonne pas. » Scheffler a qualifié un des trous clés — le par 3 du 14 — de « pin absurde », tandis que Lowry évoquait l’impression que chaque drapeau reposait sur le capot d’une voiture, tant leur positionnement rendait chaque putt précaire.
En toile de fond : la volonté visible de l’organisation de préserver le par, sous un ciel froid et venteux, accentuant la tension sur les greens déjà complexes. Les scores s’en ressentent ; rares sont ceux qui parviennent à contourner la multiplication des trois putts — et donc à offrir l’envolée attendue à un leaderboard.
Au-delà de la polémique, cette joute entre parcours et joueurs illustre la zone grise qui fait tout le sel du golf de major. Le setup devient, pour une poignée de jours, l’acteur principal : ni trop punitif pour ne décourager personne, ni trop accommodant pour sacrifier l’exigence. McIlroy le suggère : le défi réside dans la gestion de l’équilibre, sans tomber dans l’artifice. Façon d’honorer une tradition, tout en interrogeant ses limites à l’ère des champions modernes.
La suite promet autant d’interrogations que de réajustements — car un parcours comme Aronimink ne se laisse jamais dompter longtemps sans répliquer à sa manière.





