Un dernier putt décisif, un parfum de revanche et un nom gravé sur le Wanamaker Trophy : au PGA Championship 1962 disputé à Aronimink Golf Club, Gary Player s’impose en champion dans un moment fondateur pour l’histoire du golf mondial.
La victoire de Gary Player à Aronimink n’a rien d’anodin. Arrivé en Pennsylvanie miné par des cuts manqués et un moral entamé, le Sud-Africain se relève au cœur d’un été torride pour décrocher son premier PGA Championship — une consécration sur les fairways luxueux d’un parcours à la fois exigeant et majestueux. En rendant une carte de 278 (-2), Player devance Bob Goalby d’un souffle, au terme d’un dernier trou magistral où il sut transformer une balle perdue dans les arbres en un par salutaire. Ce n’est pas tant le score que la manière dont il conquiert la victoire qui frappe : une capacité de résilience et de gestion de la pression que beaucoup retiendront comme son empreinte signature.
Pour Player, ce triomphe marque une bascule : à ce stade, il n’est plus simplement un talent prometteur, mais un membre à part entière du cercle très fermé des aspirants au Grand Chelem. Ayant déjà remporté l’Open britannique (1959) et le Masters (1961), il ne lui manque plus que la victoire à l’U.S. Open – objectif qu’il atteindra trois ans plus tard. Sa performance à Aronimink en 1962 assoit aussi la renommée du club, qui lie définitivement sa légende à celle du sud-africain, jusqu’à lui dédier en 2025 un espace portant son nom, symbole d’un hommage intemporel.
Plus que l’illustration d’un moment fort, ce tournoi incarne l’évolution d’un champion et du golf de haut niveau : la conquête du Wanamaker, jusque dans la difficulté, rappelle combien chaque titre majeur forge le récit humain et sportif de la discipline.
Revenir sur Aronimink aujourd’hui, c’est mesurer la perdurance de l’exploit et la richesse d’une histoire où chaque étape, chaque coup d’éclat, façonne la mémoire collective du sport.





