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Edgewood Tahoe : les célébrités savent aussi scorer

Edgewood Tahoe, mi-juillet : le soleil écrase le Nevada et le green du 18 vibre sous les pas d’un trio peu banal. Ici, au American Century Championship 2026, la frontière entre show et sérieux se brouille. Les swings claquent, mais la galerie ne crie pas « allez Joe ! », elle hésite entre Mardy Fish, Joe Pavelski ou Annika Sorenstam. Un tennisman reconverti, un hockeyeur vétéran, et une légende du LPGA qui n’a pas fini de bousculer les codes.

Si vous cherchez un leaderboard à la Tiger-Rory, passez votre chemin. Ici, chaque birdie vaut trois points, un eagle six, mais gare au double bogey, c’est la punition maison : moins deux. Le stableford modifié, version Edgewood, aime les scénarios à rebondissements. Et ce samedi, Mardy Fish a su en profiter : un eagle sur le 18, pour passer en tête avec 52 points au cumul. Pavelski suit à quatre longueurs, Sorenstam à cinq — mais tout le monde sait que l’écart peut fondre en deux hooks et un chip venu d’ailleurs.

Pourquoi ce tournoi fascine-t-il autant ?

Dans un sport où la retenue est reine, le American Century Championship offre un bol d’air. Les célébrités partagent le tee de départ, et l’on découvre qui du swing d’un ex-NHL ou de la lecture de green d’une Hall of Famer tiendra sous pression. Pour Fish, double vainqueur ici (2020, 2024), l’expérience compte, mais ce n’est jamais un acquis : « L’avantage, c’est qu’Annika n’a pas encore gagné à Edgewood », glisse-t-il, mi-tactique mi-superstitieux. Pavelski, le champion en titre, a soufflé ses 42 ans sur le fairway, sans perdre de vue le scoring. Sorenstam, elle, n’est là ni pour signer des autographes ni pour faire de la figuration. « Je ne lève pas le pied, et avec 25 points aujourd’hui, ce n’est pas assez. » Voilà l’esprit.

Sorenstam, la championne qui veut cocher toutes les cases

Annika Sorenstam a soulevé 72 trophées sur le LPGA Tour, mais jamais le trophée Edgewood. Ironie douce : la joueuse la plus titrée de sa génération court après une victoire chez… les stars d’autres sports. Elle le reconnaît : le driving n’est plus sa force face à Fish ou Pavelski, mais le petit jeu reste chirurgical. « On se retrouvera sur les greens », prévient-elle. Reste à voir si la pression, cette vieille complice des majeurs, jouera contre elle ou en sa faveur.

Pavelski, Fish : duel de compétiteurs (et de sourires)

Le hockeyeur Joe Pavelski, tenant du titre, n’est pas venu pour faire de la figuration sur les fairways du Nevada. Lui aussi admire Sorenstam, mais il garde le regard vissé sur la carte de score : « Il va falloir poser un nombre, et ne pas se préoccuper de ce que font les autres. » Fish, fan de golf assumé, savoure l’occasion de croiser le fer avec ses idoles, mais n’a rien perdu de son tranchant sur les par 5. Entre les deux, ce sera à celui qui saura transformer le moindre tap-in en jackpot.

Ceux qui font le show… et ceux qui le subissent

Pas de tournoi de célébrités sans Charles Barkley, le « swing le plus viral du continent ». Cette année encore, l’ex-NBA s’accroche, mais le cut virtuel fixé par les bookmakers devient sa principale adversité : il faudra finir 63e ou mieux pour donner raison aux parieurs. Pour la pédagogie, il y a les birdies. Pour l’espoir, il y a Barkley et ses encouragements aux autres célébrités du champ. Steph Curry, quant à lui, reste tapi aux portes du podium avec 41 points, prêt à jouer les trouble-fête.

Un format qui relance tout jusqu’au bout

La beauté du stableford modifié ? Rien n’est jamais joué. Un eagle dans le money time, et la hiérarchie s’inverse. À Edgewood, la dramaturgie est permanente. Si Fish confirme, il ajoutera une ligne à son palmarès déjà double. Mais rien n’interdit à Sorenstam de prouver qu’on peut être la meilleure, même dans le club fermé des tournois de célébrités. Et Pavelski le compétiteur n’a pas dit son dernier birdie.

Pour qui préfère l’herbe coupée à la lumière des projecteurs, le American Century Championship rappelle que le golf aime les outsiders autant que les cadors. Rendez-vous dimanche soir pour la conclusion — et peut-être, l’instant rare où la célébrité s’incline devant le jeu pur.

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Sources et références

PGA Tour

Site officiel American Century Championship

LPGA Tour

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