Le Kroger Queen City Championship 2026 révèle une toute nouvelle lecture de l’épreuve, depuis son installation sur le parcours du Maketewah Country Club, près de Cincinnati. Connue pour son dessin signé Donald Ross et son héritage, l’enceinte propose aux meilleures joueuses du LPGA une résistance technique rarement vue sur le circuit récent.
Dès l’entame, le coup de tonnerre fut immédiat : seuls 27 scores sous le par, loin des 92 de l’édition précédente à TPC River’s Bend. Greens piégeurs, roughs denses, épais, et un vent insistant ont dicté leur loi. Le design vallonné incite à la réflexion : chaque attaque vers le green, chaque ligne de vue, peut se transformer en guet-apens.
« C’est super difficile », confiait Chella Choi après sa carte de 66, faisant écho à Lilia Vu ou Lydia Ko : la moindre erreur de dispersion envoie irrémédiablement dans le rough. Ko, tenante du titre, a elle-même frappé à peine cinq fairways sur quatorze, tout en gérant habilement sa partie pour rester au contact. Aucun score au-delà de -4 le jeudi, et une communauté de leaders partagés : ici, la patience s’impose à l’élan.
Les particularités architecturales – notamment ces deux par-3 en fin de parcours, dont un 9 particulièrement punitif – offrent aux spectateurs et joueuses une tension croissante jusqu’au dernier putt. Vendredi, sous un temps plus calme, la tendance s’inverse légèrement : Lottie Woad signe 64 grâce à une adresse retrouvée au driving, et le trio Thitikul-Korda-Ko affiche 67. Pourtant, le défi reste omniprésent : “pas question d’attaquer les drapeaux depuis le rough”, explique-t-on.
Maketewah réussit ce rare équilibre : sublimer les options stratégiques tout en sanctionnant chaque relâchement. La hiérarchie du week-end s’écrira autant au mental qu’au scoring. Cette édition marque peut-être la renaissance d’un tournoi où l’art du golf de compétition se conjugue au plus-que-parfait.





