Il suffit d’un ciel bas, d’un vent venu de la mer et d’un fairway qui roule comme une route d’été pour comprendre que certains tournois ne ressemblent à aucun autre. The Open Championship de golf appartient à cette catégorie. On croit connaître l’affaire parce qu’on voit la Claret Jug chaque mois de juillet. En réalité, ce championnat raconte autre chose : l’ancien monde du golf, ses terrains de bord de mer, ses rebonds parfois cruels, et cette manière très britannique de laisser le parcours poser les questions.
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Le tournoi naît en 1860 à Prestwick, en Écosse. Huit professionnels disputent alors 36 trous sur une seule journée. Willie Park Sr gagne devant Old Tom Morris. Le trophée n’est pas encore la célèbre aiguière d’argent : le vainqueur reçoit le Challenge Belt. La Claret Jug n’arrive qu’en 1873, après une période de flottement. Entre-temps, le championnat s’est déjà installé comme la grande référence du golf professionnel sur les links.
Le détail compte, car il dit tout du ton de l’épreuve. The Open ne s’est jamais présenté comme un spectacle fabriqué. Il a grandi avec ses usages, ses clubs hôtes, ses trains de supporters et ses caprices météo. Au fil du temps, il est devenu le seul majeur disputé hors des États-Unis chez les hommes. Cela suffit à lui donner une place à part, mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle les joueurs le regardent autrement.
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On Duty At The 19th40 €the open championship de golf, un championnat avant d’être un décor
On parle souvent de The Open comme d’une carte postale : dunes blondes, rough épais, tribunes près de la mer. C’est joli, mais un peu court. Le fait principal est ailleurs. Le championnat est organisé aujourd’hui par The R&A, gardien historique des règles avec l’USGA, et il se joue sur une rotation de links britanniques. Cette rotation n’est pas un musée. C’est une manière de rappeler que le golf s’est construit là, sur des terrains pauvres pour l’agriculture et excellents pour faire rouler une balle.
Les sites les plus connus reviennent régulièrement : St Andrews, Royal Troon, Muirfield, Royal Birkdale, Royal St George’s, Royal Lytham & St Annes, Carnoustie, Royal Portrush ou encore Hoylake, c’est-à-dire Royal Liverpool. Prestwick, berceau du tournoi, n’est plus dans la rotation moderne. Prince’s a accueilli l’édition de 1932. Musselburgh appartient lui aussi aux débuts. Chaque lieu a son humeur, ses trous qu’on reconnaît de loin, et sa façon bien à lui de rendre un score excellent ou suspect.
Les dates de The Open Championship obéissent à une habitude stable : le tournoi se joue en juillet, sur quatre jours, du jeudi au dimanche. Cette place dans le calendrier n’a rien d’anodin. Elle ferme la séquence des majeurs masculins et donne souvent au vainqueur une allure de dernier mot de l’été avant les séries finales. En 2020, l’épreuve n’a pas eu lieu à cause de la pandémie de Covid-19. C’était la première annulation depuis la Seconde Guerre mondiale.
Ce championnat a aussi son langage. Le vent ne se lit pas seulement sur les drapeaux. Il se sent dans le choix du club, dans la trajectoire tenue basse, dans la retenue au putting quand les greens deviennent rapides et secs. Sur un links, la balle peut avancer après l’atterrissage autant qu’elle a volé. Pour des joueurs élevés sur des parcours plus verts, plus arrosés, le rappel est utile : au golf, le sol joue aussi.
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Bogey Bogey Birdie, t-shirt Octobre Rose. Framboise40 €quand le parcours décide : quelques dates que personne n’oublie
Il y a des éditions qui résument à elles seules l’âme du tournoi. En 1977, à Turnberry, Tom Watson et Jack Nicklaus se livrent un duel passé à la postérité sous le nom de “Duel in the Sun”. Watson l’emporte d’un coup, à 268, soit 12 sous le par. Le troisième, Hubert Green, termine très loin derrière. Ce n’était pas une bataille contre le champ au sens large. C’était une affaire entre deux géants, sur un links balayé de lumière, avec un niveau de jeu qui paraissait presque insolent.
En 1999, à Carnoustie, l’histoire prend la forme d’une cicatrice. Jean van de Velde arrive au 72e trou avec trois coups d’avance. Il finit par perdre en barrage face à Paul Lawrie, après une suite d’erreurs qui appartient désormais à la mémoire collective du sport. Le plus injuste, peut-être, est que l’on oublie souvent le reste. Carnoustie avait été redoutable toute la semaine. Lawrie avait signé l’un des retours les plus marquants de l’épreuve. Mais le 18 de Van de Velde a mangé tout le reste, comme un grain noir sur une photo ancienne.
En 2000, à St Andrews, Tiger Woods gagne avec huit coups d’avance et termine à 19 sous le par. Il ne visite aucun bunker pendant toute la semaine, ce qui relève presque de la plaisanterie sur l’Old Course. Cette victoire lui permet de compléter le career Grand Slam à 24 ans. Deux ans plus tard, à Muirfield, Ernie Els s’impose en barrage dans une édition où le vent et la patience reprennent leurs droits.
En 2009, toujours à Turnberry, Tom Watson, alors âgé de 59 ans, mène au départ du dernier tour et se retrouve à un putt de la victoire au 72e trou. Il manque l’occasion et perd ensuite le barrage face à Stewart Cink. Le sport a parfois l’élégance de laisser une porte entrouverte, puis de la refermer. Cette semaine-là, l’âge avait cessé d’être un argument. Il ne restait qu’un joueur, un links, et l’idée presque absurde que le temps pouvait revenir en arrière.
En 2016, à Royal Troon, Henrik Stenson bat Phil Mickelson après un dernier tour d’une qualité rare. Stenson signe 63 le dimanche et gagne à 20 sous le par. Mickelson, auteur de 65, ne cède qu’à l’excellence pure. Ceux qui aiment les grands duels placent souvent cette édition très haut. Il n’y avait ni drame appuyé ni météo punitive. Juste deux joueurs au sommet de leur art.
les sites de The Open Championship, une géographie qui compte
Les sites de The Open Championship ne servent pas de simple décor. Ils dictent la stratégie. St Andrews, avec son Old Course, donne une impression de largeur avant de rappeler que les angles comptent plus que les apparences. Carnoustie punit les hésitations. Royal Birkdale offre une mise en scène naturelle entre les dunes. Royal Troon garde pour lui le “Postage Stamp”, ce par 3 minuscule qui a fait perdre beaucoup de calme à des joueurs très bien élevés. Royal Portrush, revenu dans la rotation en 2019, a rappelé que l’Irlande du Nord attendait ce retour depuis 1951.
Ce retour de Portrush n’avait rien d’anecdotique. En 1951, Max Faulkner y avait gagné la seule édition du tournoi disputée hors de Grande-Bretagne avant le grand retour. En 2019, Shane Lowry s’y impose dans une ambiance de maison pleine. Le public irlandais n’avait pas besoin de forcer son talent pour se faire entendre. Le dimanche, sous la pluie, cela ressemblait à une fête décidée depuis des décennies.
Les amateurs de voyage golfique le savent bien : voir The Open sur place, c’est aussi apprendre à regarder un terrain autrement. On y observe les trajectoires basses, les coups de recentrage parfaitement assumés, les putts joués loin du green, parfois depuis trente ou quarante mètres. Et l’on comprend vite qu’un vestiaire bien choisi aide aussi à affronter le vent du bord de mer ; pour cela, un détour par le pro shop UP Golf Society n’a rien d’une mauvaise idée.
Pour replacer l’épreuve dans l’histoire du jeu, un passage par la Fédération française de golf permet de retrouver des repères utiles sur la culture golfique. Et pour le cadre officiel du championnat, le site de The Open reste la source la plus directe sur les éditions, les sites et les archives.
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Octobre Rose, legging de yoga. Golf Ruban Rose60 €
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Golf Ruban Rose, sweat Octobre Rose. Blanc55 €le détail que l’on retient : la Claret Jug n’est pas toujours celle qu’on imagine
Voici le genre de détail que les passionnés aiment garder pour le dîner. Le vainqueur de The Open reçoit bien la Claret Jug, mais l’originale n’est plus remise telle quelle depuis longtemps. Le trophée historique est conservé par The R&A. Les champions reçoivent une réplique qu’ils gardent pendant un an, avant de la rendre. Il existe aussi une version plus petite remise de façon permanente au vainqueur. Le geste compte autant que l’objet : on entre dans une chaîne de transmission, pas dans une simple cérémonie de podium.
Autre détail savoureux : le nom officiel est bien “The Open Championship”. Dire “British Open” reste courant hors du Royaume-Uni, surtout pour distinguer l’épreuve des autres “Open” du calendrier. The R&A, lui, préfère “The Open”. On peut y voir un brin d’assurance britannique. On peut aussi reconnaître qu’après plus d’un siècle et demi, l’épreuve a quelques arguments pour parler d’elle-même sans mode d’emploi.
Le championnat a également longtemps été un terrain d’apprentissage pour les joueurs venus d’ailleurs. Les Américains, notamment, ont mis du temps à apprivoiser les links. Walter Hagen, Bobby Jones, Ben Hogan, Arnold Palmer, Jack Nicklaus, Tom Watson puis Tiger Woods ont chacun, à leur manière, aidé le public des États-Unis à regarder l’épreuve non comme une curiosité d’outre-Atlantique, mais comme une épreuve majeure au sens plein du terme.
ce que The Open Championship de golf a changé
Le plus grand effet de The Open tient à une idée simple : il a empêché le golf de se raconter comme un seul style de jeu. Sans lui, le très haut niveau aurait pu se refermer sur des parcours standardisés, des trajectoires répétées, une lecture plus uniforme des coups. Le links rappelle qu’il faut parfois accepter l’imprévu, jouer avec le vent plutôt que contre lui, et considérer un rebond favorable comme une compétence autant qu’un cadeau.
Le tournoi a aussi fixé une part de la mémoire du golf moderne. Quand on évoque Seve Ballesteros levant les bras à St Andrews en 1984 sur le 18, Nick Faldo à Muirfield, Padraig Harrington dans le vent de Carnoustie en 2007, ou Rory McIlroy triomphant à Hoylake en 2014, on ne récite pas un palmarès. On revoit des façons de jouer et de se tenir. The Open fabrique des images qui durent parce qu’elles tiennent à la fois du sport et du paysage.
Enfin, il a gardé au golf une part de modestie. Sur un links, même les meilleurs ont parfois l’air de négocier avec quelque chose de plus ancien qu’eux. Le terrain n’est pas là pour flatter. Il demande de l’imagination, un peu de patience, et une forme de politesse face aux éléments. Dans un sport qui aime parfois trop les chiffres, cette leçon n’a pas pris une ride.
quelles sont les dates de The Open Championship ?
Le tournoi se dispute en général en juillet, du jeudi au dimanche, sur quatre tours. La place exacte varie selon le calendrier annuel, mais il clôt habituellement la saison des majeurs masculins.
quels sont les sites de The Open Championship ?
L’épreuve se joue sur une rotation de links au Royaume-Uni et en Irlande du Nord, parmi lesquels St Andrews, Royal Troon, Carnoustie, Royal Birkdale, Royal St George’s, Royal Lytham & St Annes, Muirfield, Royal Liverpool et Royal Portrush.
pourquoi dit-on “The Open” et non “British Open” ?
Le nom officiel est “The Open Championship”, souvent abrégé en “The Open” par son organisateur, The R&A. L’expression “British Open” est restée d’usage dans plusieurs pays pour distinguer le tournoi d’autres opens, mais elle n’est pas le nom officiel.
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