Il y a des tournois qui se reconnaissent à un trophée, d’autres à une veste, d’autres encore à une allée bordée de spectateurs. Pour The Players Championship de golf, il suffit souvent d’une image : un green en île, quelques mètres d’eau, et des mains qui tremblent autant devant la télévision qu’au bord des cordes. Le tournoi se joue aujourd’hui au TPC Sawgrass, en Floride, mais son histoire commence ailleurs, à une époque où le PGA Tour cherchait encore le rendez-vous capable de le représenter à lui seul.
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Le Players, comme disent les Américains avec une simplicité qui masque mal l’ambition du projet, n’est pas né comme un majeur. Il a été pensé comme la grande maison du circuit, le tournoi du Tour pour les joueurs du Tour. C’est toute la nuance. Et c’est aussi ce qui explique pourquoi on en parle encore avec un ton un peu à part.
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SEAN, Discreet Member, Blanche40 €the Players Championship de golf, né d’une idée simple
Le fait est connu, mais il mérite d’être remis dans son ordre. La première édition du tournoi a lieu en 1974, à l’Atlanta Country Club, en Géorgie. Jack Nicklaus gagne ce premier Players Championship avec un score total de 278, soit 10 sous le par. À l’époque, l’épreuve s’appelle déjà Tournament Players Championship. Le nom dit tout : il s’agit de créer un championnat pour les membres du circuit, porté par le PGA Tour lui-même.
Le tournoi déménage ensuite souvent dans ses premières années. Après Atlanta, il passe notamment par Colonial Country Club au Texas en 1975, puis par Inverrary Country Club en Floride de 1976 à 1978. En 1979, il s’installe à Ponte Vedra Beach, au Sawgrass Country Club. Ce n’est pas encore le Stadium Course que l’on connaît aujourd’hui, mais le tournoi a trouvé son territoire : la côte nord-est de la Floride, le vent, l’humidité, la lumière blanche du mois de mars.
Le grand tournant arrive en 1982 avec l’installation sur le Stadium Course du TPC Sawgrass, dessiné par Pete Dye avec Alice Dye. Jerry Pate remporte cette première édition sur le nouveau parcours. Son saut dans l’eau, avec Pete Dye puis le commissaire Deane Beman entraînés dans l’affaire, appartient depuis longtemps au folklore du tournoi. Ce n’était pas prévu comme un geste de musée. C’était une joie un peu folle, et le genre de scène qui fige un lieu dans la mémoire du golf.
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Late For The Tee Time40 €pourquoi le Players a pris une place à part
Dans les années 1970 et 1980, le paysage du golf professionnel n’est pas celui d’aujourd’hui. Les quatre majeurs règnent, bien sûr, mais le PGA Tour veut son grand rendez-vous annuel, celui qui rassemble le champ le plus dense. C’est là que le Players trouve sa place. Le tournoi n’a pas l’ancienneté du Masters ou de l’Open britannique. Il a autre chose : la volonté de réunir les meilleurs du moment sur un parcours qui ne donne pas beaucoup de cadeaux.
Cette idée de densité du plateau n’a rien d’un argument publicitaire plaqué après coup. Elle a longtemps servi à définir l’épreuve. Le vainqueur n’y gagne pas seulement un gros titre. Il gagne contre un champ souvent plus homogène que dans bien d’autres semaines. C’est aussi pour cela que tant de grands noms y figurent au palmarès : Nicklaus, Watson, Norman, Couples, Love III, Duval, Woods, Mickelson, Scott, Day, McIlroy, Thomas, Scheffler.
Le tournoi a également changé de place au calendrier. Pendant des années, il se joue en mai. Depuis 2019, il est revenu en mars, retrouvant une fenêtre plus proche de celle de ses débuts. Ce détail n’en est pas un. En mai, Sawgrass pouvait devenir plus lourd, plus collant, presque orageux. En mars, le vent redevient souvent un acteur principal. À Sawgrass, le vent ne hausse pas la voix. Il vous laisse choisir le mauvais club avec beaucoup de politesse.
Pour suivre l’actualité du circuit et mesurer la place du tournoi dans la saison, le plus simple reste de passer par le site officiel du PGA Tour. Et pour garder un œil sur la place des joueurs européens dans cette histoire, le domaine de référence demeure celui du DP World Tour.
le 17, trou de théâtre, trou de vérité
On réduit parfois The Players Championship de golf à son 17. C’est injuste pour le reste du parcours, mais compréhensible. Peu de trous ont une identité aussi immédiate. Par 3 de 137 yards à l’origine, légèrement retouché au fil du temps, il exige moins de puissance que de sang-froid. La balle ne doit pas être frappée fort. Elle doit être frappée juste, ce qui est souvent plus compliqué.
Le détail qu’on oublie souvent, c’est que le 17 n’était pas conçu comme un simple numéro de cirque. Pete Dye voulait un trou lisible pour le spectateur, visible de partout, où le risque soit clair au premier regard. Le golf télévisé y a trouvé un trésor. Le joueur, lui, y trouve surtout un test de distance et de contrôle. Au Players, on peut perdre le tournoi sur ce green, mais on le perd souvent un peu avant, au moment où la peur commence à dicter le swing.
Des scènes célèbres y sont nées. En 2001, Tiger Woods y réussit ce putt serpentin resté dans la mémoire collective, même si l’image de la balle qui semble hésiter avant de tomber a fini par prendre une place supérieure au reste du tournoi. En 2013, Sergio García et Tiger Woods envoient tous deux leurs balles dans l’eau lors du dernier tour ; l’Espagnol s’écroule au classement. Sawgrass a cette qualité rare : le drame y est souvent bref, net, et sans appel.
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Sean, Classic Crewneck. Bleu40 €les éditions qu’on raconte encore au bord d’un green
Si l’on devait dresser une petite galerie de moments qui ont façonné la réputation du tournoi, il faudrait commencer par 1974 et Jack Nicklaus, premier vainqueur. Un tournoi naissant a besoin d’un premier nom qui pèse. Il l’a eu. Puis 1982, avec Jerry Pate et le plongeon. Puis 1994, quand Greg Norman gagne avec un total de 264, soit 24 sous le par, record du tournoi sur 72 trous qui a longtemps servi d’étalon à la violence possible du scoring à Sawgrass quand tout s’aligne.
Il y a aussi 2004, année du passage au playoff en agrégat sur trois trous, formule pensée pour éviter que ce tournoi se termine sur un simple trou de mort subite sans respiration. Adam Scott l’emporte cette année-là. Le Players a toujours aimé soigner sa dramaturgie, mais avec des règles écrites à l’avance, ce qui est plus sain que les légendes improvisées après coup.
En 2015, Rickie Fowler signe une fin de tournoi qui tient encore très bien à la relecture. Il boucle ses quatre derniers trous du tour final en birdie, birdie, eagle, birdie pour rejoindre la tête, avant de gagner le playoff. À Sawgrass, les retours impossibles restent possibles un peu plus longtemps qu’ailleurs. Le parcours vous donne une dernière chance, puis il vérifie immédiatement si vous la méritiez.
Et puis il y a 2020, édition arrêtée après le premier tour à cause de la pandémie de Covid-19. Le Players, avec ses tribunes, ses hospitalités, sa foule dense, a soudain montré un autre visage : celui d’un grand tournoi devenu impossible à tenir dans un monde qui se fermait. L’année suivante, Justin Thomas gagne en 2021 et remet l’épreuve dans sa continuité sportive.
En 2023, Scottie Scheffler s’impose avec autorité. En 2024, il gagne encore, devenant le premier joueur à remporter deux éditions consécutives du Players Championship. Ce doublé dit quelque chose d’important sur le tournoi moderne : même à Sawgrass, où l’on répète volontiers que tout le monde peut sombrer d’un coup, une domination claire reste possible quand le jeu long, les trajectoires et le petit jeu avancent ensemble.
Brooks Koepka au Players Championship, le curieux rendez-vous manqué
Le mot-clé secondaire mérite un détour, parce qu’il raconte une petite ironie du golf contemporain. Brooks Koepka au Players Championship, ce n’est pas d’abord une histoire de triomphe. C’est au contraire le récit d’un rapport plus compliqué entre un immense joueur de majeurs et un tournoi qui ne lui a jamais vraiment appartenu.
Koepka, quadruple vainqueur en majeur avant de devenir quintuple lauréat au PGA Championship 2023, a souvent construit sa réputation sur les grandes semaines et les parcours qui demandent une forme de brutalité contrôlée. Sawgrass réclame autre chose : précision de départ, discipline de trajectoire, patience sur des attaques de green où l’on ne peut pas toujours imposer sa loi. Son meilleur résultat au Players reste une deuxième place en 2019, derrière Rory McIlroy.
Ce printemps-là, McIlroy joue un golf tendu mais solide et gagne avec un score total de 272, soit 16 sous le par. Koepka termine un coup derrière. Le détail intéressant, c’est que cette édition a souvent servi à rappeler que le Players ne couronne pas forcément le joueur le plus spectaculaire de la semaine, mais celui qui accepte le mieux les exigences du parcours. Koepka n’y a jamais été ridicule. Il y a simplement trouvé un examen différent de ceux qu’il aime le plus.
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Sean, Classic Crewneck. Noir40 €ce que le tournoi a changé dans le golf pro
The Players Championship de golf a aidé le PGA Tour à raconter sa propre grandeur sans passer par l’emprunt aux traditions des autres. C’était le but initial, et il a été atteint. Le tournoi a donné au circuit une semaine repère, un lieu repère et une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Le Stadium Course, avec ses angles, ses buttes pour les spectateurs et ses coups d’approche inconfortables, a aussi influencé la manière de penser les parcours de tournoi à l’ère télévisuelle.
Il a également installé l’idée qu’un tournoi pouvait valoir autant par la qualité de son champ que par son ancienneté. Dans un sport obsédé, à juste titre, par ses archives, ce n’était pas gagné. Le Players n’a pas remplacé un majeur. Il a occupé un espace voisin, avec ses propres codes, sa propre semaine, son propre stress.
Pour le spectateur, il a laissé des images durables. Pour le joueur, il a ajouté une ligne qui compte. Et pour ceux qui aiment voir du golf sur place, c’est aussi le genre de semaine où l’on pense à emporter une casquette correcte, un coupe-vent léger et des chaussures qui tiennent la marche. À ce sujet, la boutique UP Golf Society évite au moins de ressembler à un touriste perdu entre le 16 et le 17.
et The Players Championship 2026 dans tout ça ?
Sur The Players Championship 2026, la prudence s’impose tant que le tournoi n’a pas été joué. Ce que l’on peut dire sans broder, c’est que l’épreuve conservera sa place parmi les semaines les plus regardées du calendrier PGA Tour, avec Sawgrass comme juge de paix. On surveillera toujours les mêmes choses : l’état du vent, la fermeté des greens, la capacité des meilleurs mondiaux à accepter qu’un plan prudent puisse être la forme la plus intelligente d’ambition.
Le Players a cette force-là : chaque nouvelle édition semble familière avant de produire un scénario qu’on n’avait pas tout à fait vu venir. Le décor ne change presque pas. Les émotions, elles, trouvent toujours un passage.
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où se joue The Players Championship de golf ?
Le tournoi se joue au TPC Sawgrass, sur le Stadium Course, à Ponte Vedra Beach en Floride. Il s’y dispute depuis 1982. Avant cela, l’épreuve a connu plusieurs sites dans les années 1970.
qui a gagné le premier Players Championship ?
Jack Nicklaus a remporté la première édition en 1974, à l’Atlanta Country Club. Ce premier palmarès a beaucoup compté pour installer la crédibilité du tournoi dès son lancement.
pourquoi le trou n°17 est-il si célèbre ?
Parce qu’il concentre en un coup tout ce que Sawgrass sait faire de mieux : une distance courte en apparence, du vent, de l’eau partout autour du green, et une pression énorme le dimanche. On y joue rarement avec les mains totalement libres.






