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séjour de golf au Touquet

Le Touquet, dunes sages et drives bien élevés

Il y a des stations balnéaires qui promettent la mer, puis servent surtout des parkings. Le Touquet, lui, a gardé ce petit aplomb de ville qui sait porter le blazer sans oublier les bottes. Pour un séjour de golf au Touquet, on vient chercher des fairways sérieux, du sable partout sauf dans l’addition si l’on s’organise, et cette lumière du Nord qui donne aux mauvais coups une excuse presque artistique.

J’y ai posé mon sac un vendredi, avec une ambition simple : jouer bien, manger mieux, et ne pas confondre vent de travers et destin contrarié. Spoiler doux : le vent gagne souvent, mais il a de bonnes manières. Mon indicateur maison, que j’appellerai ici l’indice chaussette-sable, a explosé dès le premier bunker. C’est bon signe : au Touquet, le golf ne triche pas.

Pourquoi choisir un séjour de golf au Touquet ?

Parce que tout est concentré sans être étriqué. Depuis Paris, l’échappée se fait en voiture en un peu plus de deux heures, ou en train jusqu’à Étaples-Le Touquet avant une courte navette. Sur place, le décor change vite : villas anglo-normandes, pins, dunes, plage immense, marché couvert et cette rue Saint-Jean où l’on croise plus de doudounes sans manches que dans une réunion de capitaines de club.

Le Touquet-Paris-Plage naît comme une idée de villégiature élégante à la fin du XIXe siècle. Alphonse Daloz plante la forêt, John Whitley vend le rêve aux Britanniques, et la bonne société franco-anglaise adopte les lieux. Résultat : une station balnéaire pensée pour respirer, marcher, monter à cheval, jouer au tennis, puis taper une balle blanche avec un sérieux admirable.

Le golf s’installe tôt dans cette histoire. Le Golf du Touquet-La Mer fait partie de ces clubs où l’influence britannique n’est pas un vernis marketing mais une racine. Les premiers parcours apparaissent dès le début du XXe siècle, puis l’entre-deux-guerres donne à la destination son vernis sportif. Les dunes deviennent terrain de jeu, le vent devient professeur, et les cartes de score deviennent parfois des pièces à conviction.

Pour préparer le voyage sans se perdre dans les légendes locales, l’office de tourisme du Touquet reste une base fiable : letouquet.com. Pour les licences, compétitions et repères fédéraux, la maison mère est ici : ffgolf.org.

Les parcours à jouer : dunes, pins et une vraie pépite

Golf du Touquet-La Mer : La Mer, le juge de paix

La Mer est le parcours que l’on vient défier, puis que l’on raconte en minimisant les dégâts. Ce 18 trous, souvent cité parmi les grands links français, déroule ses fairways dans les dunes avec une élégance presque sèche. Rien n’est décoratif : les bosses parlent, les bunkers négocient mal, le vent a son propre comité de sélection.

Pourquoi y jouer ? Pour comprendre ce que signifie vraiment “tenir une trajectoire”. Ici, un drive moyen mais placé vaut mieux qu’un missile instagrammable vers la Belgique. Le petit détail qui change tout : les greens, souvent fermes, réclament une approche basse, patiente, presque écossaise. Le coup héroïque existe, mais il finit régulièrement dans l’indice chaussette-sable.

Côté budget, les tarifs du Golf du Touquet varient selon la saison, l’horaire et les offres en ligne. Comptez généralement autour de 90 à 120 euros pour La Mer en haute période, parfois moins en basse saison ou en départ décalé. Le site officiel du resort permet de vérifier les disponibilités : letouquetgolfresort.com.

Golf du Touquet-La Mer : La Forêt, l’élégance plus douce

La Forêt est souvent présentée comme la petite sœur accessible. C’est injuste et pratique à la fois : injuste parce qu’elle mérite mieux qu’un statut de parcours d’échauffement, pratique parce qu’elle apaise les organismes après La Mer. Les trous serpentent dans les pins, avec un dessin plus protégé du vent et une ambiance de sous-bois très britannique, sans la pluie horizontale livrée d’office.

Pourquoi y jouer ? Pour une partie plus fluide, plus stratégique que brutale, idéale le premier jour ou avec un groupe de niveaux variés. Le détail qui change tout : l’encadrement des fairways par les arbres. On se sent en sécurité, jusqu’au moment où l’on découvre qu’un pin ne rend jamais la balle avec intérêt.

Fourchette indicative : environ 65 à 90 euros selon période. Pour un séjour de golf au Touquet bien construit, je conseille La Forêt en ouverture, La Mer le lendemain. C’est l’ordre civilisé. Faire l’inverse revient à commencer un dîner par le digestif : possible, mais révélateur.

Le Manoir : le 9 trous qui sauve les agendas

Le parcours du Manoir, au sein du resort, est un 9 trous parfait pour les arrivées tardives, les départs précoces ou les joueurs qui veulent travailler les fondamentaux sans transformer leur week-end en stage commando. On y croise des couples, des juniors, des golfeurs pressés et parfois ce joueur très sûr de lui qui tente un fer 4 depuis un lie douteux. La démocratie, version gazon.

Pourquoi y jouer ? Parce qu’un bon court parcours oblige à scorer propre. Pas de grand théâtre, mais des coups à placer, des wedges à doser, du rythme à trouver. Le détail qui change tout : sa proximité immédiate avec l’hôtel et le practice. On peut jouer, s’entraîner, boire un café, puis prétendre que tout faisait partie d’un plan technique supérieur.

Comptez souvent entre 30 et 45 euros selon créneau et saison. C’est aussi une option intelligente si vous voyagez avec un non-golfeur moyennement convaincu par cinq heures de marche en pull zippé.

Hardelot Les Pins : la classe voisine

À environ trente minutes du Touquet, Hardelot mérite le détour. Les Pins, signé dans l’esprit des grands tracés classiques, offre un golf de forêt à la fois chic, varié et exigeant. Le lieu a cette beauté calme des clubs qui n’ont pas besoin de hausser la voix. Les fairways sont bordés d’arbres, les greens demandent de l’attention, et l’ensemble donne envie de rentrer la chemise. Même mentalement.

Pourquoi y jouer ? Pour varier les plaisirs et sortir du pur registre dunaire. Le parcours met davantage l’accent sur les lignes de jeu, les angles et le choix du club au départ. Le détail qui change tout : certains départs étroits, qui transforment un simple bois 3 en audition pour l’Opéra Garnier.

Budget indicatif : autour de 80 à 110 euros selon saison. Hardelot dispose aussi du parcours Les Dunes, plus récent, souvent un peu moins intimidant et très agréable si vous restez trois jours. Mais si je dois choisir un seul voisin, je garde Les Pins pour son chic discret.

Nampont Saint-Martin : la pépite rapport qualité-prix

Voici mon choix malin, celui qu’on glisse à voix basse comme une adresse de frites sérieuse. À moins d’une heure du Touquet, Nampont Saint-Martin propose deux 18 trous dans un cadre vallonné, près de l’Authie, avec une atmosphère plus rurale et moins mondaine. On quitte la carte postale balnéaire pour retrouver une campagne picarde qui ne fait pas la maligne, mais fait très bien le travail.

Pourquoi y jouer ? Parce que le rapport plaisir/prix est excellent. Le parcours Les Cygnes, souvent le plus accessible, offre de l’eau, des arbres, de jolis points de vue et une vraie variété. Le Belvédère est plus technique, plus pentu, parfois plus taquin. Le détail qui change tout : cette sensation de golf de terrain, vivant, moins policé, où l’on joue vraiment sans auditionner pour une brochure de palace.

Fourchette indicative : environ 45 à 65 euros selon période et formule. Dans un budget week-end, Nampont permet d’ajouter une partie sans vendre son hybride 4 sur un site d’annonces. L’indice chaussette-sable y baisse, mais l’indice sourire monte franchement.

Où dormir : du confort golfique au grand théâtre touquettois

Le Manoir Hôtel, au cœur du Touquet Golf Resort, reste l’option la plus logique pour dormir presque sur le tee. Ambiance maison de campagne sportive, chambres confortables, practice à portée de semelles : le matin, on peut passer du petit-déjeuner au putting green sans rencontrer la moindre forme de civilisation agressive.

Pour une version plus palace, Hôtel Barrière Le Westminster joue la carte historique. Façade iconique, art déco, spa, belle table : c’est le Touquet qui se regarde dans un miroir bien éclairé. À choisir si vous voulez transformer un bogey en anecdote mondaine.

Plus simple et central, Castel Victoria offre une base pratique près de la plage et des restaurants. Idéal si le programme inclut autant de marche en ville que de swings. Le Touquet se fait très bien à pied, ce qui est heureux : après deux parcours, même le trottoir paraît lire les pentes.

Où boire et où manger après 18 trous

Pour un verre, Le Quento, rue Saint-Jean, reste une institution de fin de journée. On y observe le ballet local : familles en ciré, golfeurs qui refont leur carte, chiens plus élégants que nous tous. Pour une ambiance pub, Le Globetrotter fonctionne très bien, surtout quand la météo décide de rejouer un drame nordique en trois actes.

Côté table, Pérard est l’adresse évidente pour la soupe de poissons, les fruits de mer et cette cuisine marine qui remet les électrolytes à leur place. Oui, c’est connu. Oui, il y a du monde. Oui, on y va quand même, parce que certaines évidences ont bon goût.

Le Jardin, au Westminster, offre une option plus raffinée, parfaite pour un dîner de clôture. Pour une table conviviale et bien placée, Les 2 Moineaux coche la case bistrot chic sans chichi. Réservez le week-end : au Touquet, l’improvisation culinaire finit souvent par un sandwich mangé avec dignité, mais tristesse.

Ce qu’il faut goûter : la mer, le Nord et l’après-carte

Après 18 trous, le corps réclame du sel, du gras et une petite victoire morale. La Côte d’Opale répond parfaitement. Goûtez les crevettes grises, les moules-frites, les poissons de la Manche, la salicorne quand elle est proposée, et bien sûr la soupe de poissons chez Pérard, star locale plus constante qu’un putting sous pression.

Dans l’arrière-pays, le Nord et la Picardie rappellent qu’ils savent nourrir les gens qui ont marché. Welsh, carbonnade flamande, ficelle picarde, fromages de caractère, tarte au libouli : rien ici ne prétend être une salade détox. Et c’est très bien. Le golf est déjà assez punitif pour ne pas commander une assiette qui ressemble à une sanction administrative.

Mon itinéraire idéal pour un long week-end

Vendredi : arrivée, installation au Manoir ou en ville, 9 trous au parcours du Manoir pour dérouiller le swing. Ensuite, verre au Quento et dîner simple. Ne cherchez pas la performance : le vendredi soir, le vrai par est de ne pas parler de votre grip pendant l’entrée.

Samedi : La Forêt le matin, déjeuner léger au club-house, balade sur la plage l’après-midi. En fin de journée, marché, rue Saint-Jean, dîner chez Pérard ou aux 2 Moineaux. Préparez aussi le sac avec sérieux : coupe-vent, bonnet léger, gants de pluie et tenue qui pardonne le vent. Si besoin, faites un tour par le pro-shop UP Golf Society avant de partir, histoire de ne pas jouer le links en touriste climatiquement optimiste.

Dimanche : La Mer, tôt si possible. C’est le moment sérieux, le grand examen, la conversation avec les dunes. Après la partie, évitez les conclusions définitives sur votre niveau. Au Touquet, tout le monde mérite une circonstance atténuante. Déjeuner, puis retour tranquille ou nuit supplémentaire pour Hardelot.

Lundi, si vous prolongez : Hardelot Les Pins pour la version chic, ou Nampont Saint-Martin pour la pépite économique. C’est souvent ce quatrième parcours qui transforme une escapade agréable en vrai voyage golfique. Le lundi a mauvaise réputation ; sur un fairway, il devient fréquentable.

Budget réaliste pour un séjour de golf au Touquet

Pour deux nuits et trois parcours, comptez large : hébergement entre 110 et 280 euros la nuit selon standing et saison, green-fees entre 45 et 120 euros, repas de 25 à 80 euros par personne selon ambition. Un week-end confortable tourne souvent entre 450 et 800 euros par golfeur, hors transport, avec de belles variations selon les dates.

Le bon réflexe : réserver les départs tôt, surveiller les créneaux de fin de journée, et mixer un parcours prestige avec une option plus douce. Le Touquet peut être premium sans devenir absurde. C’est même là que réside son charme : on peut y porter un pull chic tout en gardant le sens du prix d’une bière.

FAQ

Quelle est la meilleure saison pour jouer au Touquet ?

Mai, juin, septembre et début octobre sont mes mois préférés : lumière superbe, températures jouables, parcours en bel état et fréquentation moins compacte qu’au cœur de l’été. L’hiver peut être magnifique, mais l’indice chaussette-sable grimpe avec l’humidité et la bravoure devient un accessoire obligatoire.

Quel niveau faut-il pour profiter des parcours ?

La Forêt et Le Manoir conviennent à beaucoup de joueurs. La Mer demande davantage de maîtrise, surtout si le vent s’invite. Les index élevés peuvent s’y faire plaisir en choisissant les bons départs et en acceptant une règle locale personnelle : parfois, le bogey est une œuvre de sagesse.

Quel budget prévoir pour un séjour de golf au Touquet ?

Pour un week-end de deux nuits avec deux ou trois green-fees, prévoyez environ 450 à 800 euros par personne selon l’hôtel, les restaurants et la saison. Pour alléger la note, combinez La Forêt, Le Manoir ou Nampont avec un seul grand parcours premium. Votre banquier et votre wedge vous remercieront.

Au fond, Le Touquet réussit ce que peu de destinations golfiques françaises maîtrisent : rester élégant sans devenir figé, sportif sans se prendre pour un camp militaire, gourmand sans demander pardon. On y vient pour les parcours, on y revient pour l’air, les tables, les pins et cette drôle de certitude qu’un mauvais coup peut presque être poétique s’il part dans une belle lumière. Presque.

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