Un dimanche où l’histoire bascule : à Aronimink, Kurt Kitayama est entré dans l’élite très restreinte de ceux capables de signer un 63 lors du dernier tour d’un majeur. Cette performance, d’une précision remarquable, lui permet d’égaler un record établi il y a plus de cinquante ans et seulement atteint par un autre joueur au PGA Championship depuis Brad Faxon en 1995.
Kitayama a démarré tambour battant, enchaînant les putts lointains dès le premier trou, avec notamment un birdie de 32 pieds. En totale confiance sur les greens, il a multiplié les réussites avec le putter, bouclant l’aller en 30 grâce à des birdies consécutifs et une précision chirurgicale autour des trous clés. Le finish, dans une atmosphère tendue propre aux derniers parcours dominicaux de grands championnats, confirme la solidité mentale du joueur, lui permettant de rentrer ses birdies finaux, dont un putt de 13 pieds au 18.
Au total, Kitayama aura rentré plus de 140 pieds de putts, illustrant à quel point le putting a été le moteur de ce score d’exception. Si son score final de -3 pour le tournoi reste modeste à l’échelle d’un vainqueur potentiel, il repart d’Aronimink avec la satisfaction d’avoir marqué de son empreinte un des plus hauts faits d’armes du PGA Championship.
La rareté de ce type de performance dans un contexte de dernier tour sous pression démontre l’exigence maximale des majeurs – et signale la forme exceptionnelle du joueur californien à l’instant T. Dans l’histoire moderne du golf, seules quelques grandes figures ont su frayer ce chemin étroit entre lucidité technique et audace dans les moments décisifs. À ce stade du tournoi, et en l’absence de confirmation du classement final de Kitayama ou d’impact direct sur la victoire, l’essentiel réside dans la trace laissée par ce dernier tour mémorable dans la littérature des grands championnats.
C’est dans l’attention portée au détail, au sens du timing et à la gestion de la pression que se mesure la dimension d’un champion, parfois indépendamment du trophée. Le 63 de Kitayama à Aronimink en devient un repère pour les amoureux de l’histoire du golf contemporain.





