Sous le ciel enfin apaisé d'Aronimink, l’histoire du PGA Championship 2026 a basculé ce samedi. Ce n’est pas une simple démonstration de force, mais une leçon de résilience et d’audace que Justin Rose, Kristoffer Reitan et Chris Kirk offrent, en sculptant un samedi électrique où chaque coup devient enjeu.
Dès les premières heures, l’Anglais Justin Rose, 45 ans, franchit un cap symbolique : survivant de justesse au cut la veille grâce à un eagle salvateur, il enchaîne une série de quatre birdies d’affilée et signe un 30 sur l’aller. Rose marque ainsi l’épreuve, rejoignant un cercle restreint de joueurs quadragénaires auteurs d’un 30 (ou moins) sur neuf trous en majeur depuis 2000. Si la réussite s’estompe dans le retour, l’expert britannique boucle néanmoins un 65, se retrouvant à deux petites unités du sommet au moment de rendre sa carte.
Sur cette scène printanière, le Norvégien Kristoffer Reitan éclaire l’audace : vainqueur du Truist Championship quelques jours plus tôt, il signe la prouesse rare de deux eagles en quatre trous sur le retour, rejoignant la courte liste de ceux ayant accompli pareil exploit au PGA ces trente dernières années. Reitan, frustré par une entame trop prudente, transforme la dynamique grâce à des drapeaux redevenus accessibles et un vent porteur. Son “30” sur le retour dynamite la séquence scandinave et habille l’événement d’un éclat singulier.
Chris Kirk, pour sa part, frôle le panthéon. Cinq birdies en six trous, un jeu résolument offensif, et ce rêve statistique : égaler le record, historique, de 62 sur une journée. Sa trajectoire vers ce sommet s’arrête brutalement sur le green du 18, doublé malencontreusement, pour finir aussi à 65. Pour Kirk, l’essence de la journée n’est pas dans la déception, mais dans cette sensation retrouvée de swing fluide, rendue possible par des températures enfin clémentes après un début de tournoi glacial.
En filigrane, cette troisième journée n’aura pas seulement vu s’écrire des scores. Elle aura révélé la puissance narrative inhérente à chaque majeure : la tension entre discipline et inspiration, la gestion du rythme face aux humeurs du parcours, et la force tranquille d’athlètes qui, à tout âge, savent saisir le moment. De tels épisodes nourrissent la mémoire collective du jeu, et rappellent combien chaque samedi de majeur est une promesse d’embrasement.





