La quête du grand chelem de carrière par Jordan Spieth, lors du PGA Championship à Aronimink en 2026, fascine autant par son enjeu historique que par la nature imprévisible de son parcours. Samedi matin, Spieth restait à cinq coups du leader, prêt à tout tenter pour ajouter le seul Majeur manquant à son palmarès déjà exceptionnel – le PGA Championship.
Après avoir marqué l’histoire en remportant le Masters et l’U.S. Open en 2015, puis The Open en 2017, Spieth poursuit inlassablement ce graal rarissime. S’il parvenait à triompher cette semaine, il rejoindrait un cercle aussi prestigieux qu’exigeant, où la patience et la constance s’avèrent nécessaires : Rory McIlroy, par exemple, a dû patienter onze ans pour compléter le sien. Mais chez Spieth, la dramaturgie prend souvent le dessus sur la linéarité.
Depuis ses exploits fulgurants dans ses jeunes années, Spieth a connu des phases de doute et une rare exposition médiatique. La pression liée à l’histoire, additionnée à des attentes colossales, fait de chacun de ses passages en Majeur un évènement au parfum singulier. Pourtant, contrairement à d’autres, il avance parfois sous le radar, acceptant les détours, les faux plats et les rebondissements d’un jeu où rien n’est jamais écrit d’avance.
Son parcours à Royal Birkdale lors de The Open 2017, marqué par ce 13e trou rocambolesque, reste gravé comme le symbole d’un joueur capable de conjuguer chaos apparent et panache. Aujourd’hui, même si la victoire se fait attendre depuis 2022, Spieth incarne toujours ce mélange unique d’élégance, de persévérance et d’imprévisibilité. Plus qu’une simple trajectoire de titres, sa quête du grand chelem raconte un rapport singulier au jeu : déjouer l’histoire en s’autorisant la déviation.
Qu’adviendra-t-il de ce nouveau chapitre à Aronimink ? Quoi qu’il arrive, à chaque tentative, Spieth rappelle combien la grandeur en golf se façonne autant dans la conquête que dans le chemin inattendu qui y mène.





