L’ouverture officielle d’Old Petty à Cabot Highlands, ce vendredi, marque un moment singulier dans le monde des parcours links écossais. Conçu par Tom Doak et Clyde Johnson, ce nouveau terrain s’inscrit déjà comme une référence par son audace architecturale : il ne s’agit pas d’un links hérité d’une nature intacte, mais bien d’une réinterprétation minutieuse d’un site transformé par un siècle d’agriculture. L’enjeu ? Restituer un sol vivant, imprévisible, qui fait la légende du golf sur la côte nord de l’Écosse.
Dès les premiers pas sur le parcours, le visiteur découvre une terre soigneusement travaillée pour mieux retrouver ce que le temps avait effacé : humps, creux, pentes subtiles dessinent un terrain apparemment sauvage. Pourtant, tout ou presque a été sculpté : un « terrain de jeu parfaitement plissé » où, selon Doak, la trajectoire de la balle ne dépend plus seulement du vol mais de l’histoire qu’elle vit au contact du sol.
Ce choix de micro-contours, associés à une pelouse ferme et naturellement rapide, ravive la philosophie des links. Ici, chaque coup est une invitation à observer le tapis d’herbe, à anticiper les mouvements induits par le vent, la sécheresse ou l’angle d’attaque. Le site, baigné par des vues océaniques et bordé d’une baie, propose ainsi une expérience sensorielle où le jeu au sol redevient central, loin des standards standardisés.
À travers Old Petty, Doak et Johnson offrent une réflexion sur l’avenir du golf en terres historiques : comment transmettre l’âme d’un links lorsque le terrain originel a changé ? Cette démarche, attentive à l’équilibre entre patrimoine et innovation, propose au joueur contemporain une nouvelle forme d’authenticité.
L’émergence d’Old Petty ouvre aussi la voie à d’autres projets de restitution paysagère, invitant clubs et amateurs à s’interroger sur ce qui fait la singularité d’un links moderne en Écosse. La prochaine visite sera peut-être l’occasion d’explorer, club en main, ce que le sol écossais a de plus subtil à offrir.





