Changer de putter, pour un champion du PGA Tour comme Justin Thomas, relève d’un choix stratégique et psychologique. Cette semaine, l’Américain s’est autorisé à s’inspirer très précisément de Cam Young, récemment auréolé de deux succès majeurs en l’espace de six semaines avec un Phantom 9.5R. Thomas a demandé à Scotty Cameron une copie quasi exacte du modèle Young, reprenant même le même shaft en graphite et une ligne d’alignement intégrale, dans le but de retrouver confiance après un début de saison fragile sur les greens.
À ce niveau de compétition, il n’est pas rare d’observer l’effet d’entraînement lorsqu’un joueur triomphe avec une nouveauté : l’exemple des putters Jailbird en 2023, adoptés en masse après quelques victoires éclatantes, reste dans les esprits. Cette année, la dynamique autour des modèles Phantom et Spider témoigne d’une même émulation, où chaque détail perçu comme avantageux devient source d’expérimentation collective parmi l’élite.
Justin Thomas, jusque-là fidèle à son Phantom 5.5 puis à un Newport 2 GSS de secours, a choisi de repartir de zéro. Selon les confidences du circuit, il a ressenti un « déclic » inattendu au contact des sensations du 9.5R de Young, appréciant la texture du face milling et le supplément de confiance que procure une meilleure visualisation de la ligne. Résultat immédiat : Thomas a retrouvé efficacité et aisance au putting dès les deux premiers tours du tournoi, témoignant à la fois de la force d’inspiration entre leaders et de l’importance cruciale de l’adaptation rapide sur le Tour.
À travers ce geste, l’influence entre champions se matérialise jusque dans le moindre ajustement technique. C’est tout le tissu culturel du circuit pro qui s’exprime dans ces évolutions d’équipement, laissant entrevoir l’importance d’un état d’esprit ouvert et d’une recherche permanente des sensations justes. Pour les observateurs, cet épisode éclaire la dynamique interne des joueurs, toujours en quête du détail qui peut tout changer.





