À Rabat, on ne vient pas chercher le grand numéro de claquettes touristique. La capitale marocaine préfère les élégances basses fréquences : une lumière blonde sur les remparts, un tramway qui glisse comme un putt bien lu, et des fairways qui ont compris depuis longtemps que le prestige n’a pas besoin de crier. Pour un séjour de golf à Rabat, c’est précisément ce mélange qui fonctionne : du jeu sérieux, des adresses solides, et assez de thé à la menthe pour négocier un triple bogey avec dignité.
Rabat a ce chic rare des villes qui ne se vendent pas à la criée. Elle administre, elle respire, elle regarde l’Atlantique sans faire semblant d’être une carte postale. Mon petit juge intérieur — appelons-le Monsieur Bogey, veste grise et carnet à souche — y a trouvé de quoi râler : roughs discrets, greens fermes, caddies lucides. Moi, j’y ai trouvé une destination golf plus fine qu’attendu, moins saturée que Marrakech, moins ostentatoire que certains resorts, et beaucoup plus subtile qu’un simple week-end au soleil.
Avant de réserver, deux ressources utiles : l’Office national marocain du tourisme, via Visit Morocco, pour cadrer la destination, et la Fédération Royale Marocaine de Golf, pour l’écosystème golfique local. Le reste, comme souvent, se joue entre la météo, l’appétit et votre capacité à ne pas attaquer un drapeau coincé derrière un bunker. Monsieur Bogey, évidemment, attaque toujours.
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The Membership Keeps Growing, t-shirt Oversized40 €Mon itinéraire pour un séjour de golf à Rabat sans folklore en carton
Le bon rythme tient en trois ou quatre nuits. Arrivée tranquille, premier neuf trous pour délier les épaules, puis deux vraies journées de golf, avec une échappée vers Salé, Bouznika ou Mohammedia selon votre envie de route. Les distances restent raisonnables : Rabat n’est pas une mégalopole qui vous avale votre départ de 9h12 dans un rond-point existentiel.
Côté saison, j’aime particulièrement mars à mai et octobre à novembre. La lumière est superbe, les températures jouent scratch, et les terrasses retrouvent leur fonction première : faire croire que l’on débriefe son parcours alors qu’on commande surtout des briouates. L’été se pratique, mais tôt. Très tôt. À l’heure où même les pigeons des Oudayas ont encore le swing chiffonné.
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Sundays On The Course. Rouge/Gris40 €Les parcours de golf à Rabat et autour : mes 4 choix assumés
Royal Golf Dar Es Salam : le grand classique, mais pas poussiéreux
Impossible de parler des parcours de golf de Rabat sans commencer par Dar Es Salam. Dessiné par Robert Trent Jones et inauguré au début des années 1970 sous l’impulsion du roi Hassan II, le site a installé le Maroc sur la carte golfique internationale. Le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem y ont donné au pays une vraie culture de tournoi, avec ce mélange local de protocole impeccable et de passion sincère.
Pourquoi y jouer ? Pour le décor de chênes-lièges, l’échelle du domaine, le sentiment de pénétrer dans une institution sans qu’elle sente la naphtaline. Le parcours Rouge est le morceau de bravoure, long, stratégique, parfois sévère. Le Bleu est souvent plus accessible et très agréable pour une première prise de contact. Le Vert, en 9 trous, peut sauver une demi-journée ou un swing en reconstruction morale.
Le détail qui change tout : les caddies. Beaucoup connaissent les lignes, les pentes et vos mensonges avant même que vous ayez fini votre phrase. Ils ne jugent pas. Ils constatent. Nuance marocaine du service premium.
Côté prix, comptez grosso modo 700 à 1 400 MAD selon le parcours, la saison, le jour et les accords éventuels avec votre hôtel. Caddie, voiturette et practice peuvent s’ajouter. Oui, le ticket est sérieux. Mais le souvenir aussi.
Plage des Nations Golf City : la pépite rapport qualité-prix
À une trentaine de minutes au nord de Rabat, côté Sidi Bouknadel, Plage des Nations coche la case que j’aime défendre : le parcours qui ne fait pas toujours la couverture des brochures, mais qui donne envie de rejouer dès le 15. Ambiance plus contemporaine, environnement de resort, dessin plaisant, greens généralement francs : c’est une excellente option pour varier sans exploser le budget.
Pourquoi y jouer ? Parce que le tracé est lisible sans être platement gentil. Il laisse respirer les joueurs moyens, mais sait sanctionner les seconds coups paresseux. Monsieur Bogey y a d’ailleurs établi un bureau annexe près d’un obstacle d’eau, avec vue sur mes ambitions.
Le petit détail qui change tout : l’air. On sent la proximité de l’Atlantique sans tomber dans la caricature du vent qui transforme votre fer 7 en demande de visa. Le parcours garde une fraîcheur bienvenue, surtout en fin de matinée.
Fourchette indicative : environ 600 à 1 100 MAD le green-fee selon période et formule. Pour un voyageur qui surveille les prix du golf à Rabat sans vouloir jouer triste, c’est probablement l’un des meilleurs compromis de la zone.
Bahia Golf Beach, Bouznika : l’escapade maligne entre deux capitales
Bouznika se situe entre Rabat et Casablanca, ce qui en fait une parenthèse très pratique si vous arrivez par l’une et repartez par l’autre. Bahia Golf Beach offre un cadre résidentiel soigné, un parcours agréable et une atmosphère moins cérémonielle que Dar Es Salam. Ce n’est pas le grand opéra, plutôt un bon album de jazz : ça swingue, ça respire, ça ne cherche pas à vous vendre un destin.
Pourquoi y jouer ? Pour une journée simple, efficace, avec des trous variés et un niveau d’exigence raisonnable. Les joueurs en progression y trouveront un terrain lisible ; les bons joueurs pourront travailler la mise en jeu et les attaques de green sans passer leur vie à chercher une balle dans une forêt philosophique.
Le détail qui change tout : la position. Depuis Rabat, on part après le café, on joue, on déjeune, on revient avant que la circulation ne décide de devenir un sport de combat.
Budget indicatif : souvent autour de 450 à 800 MAD selon le jour, l’horaire et les offres. C’est typiquement le parcours à intégrer pour équilibrer un séjour, surtout si Dar Es Salam a déjà discuté fermement avec votre carte bancaire.
Royal Golf de Mohammedia : l’ancienne école qui a du charme
Un peu plus au sud, Mohammedia possède ce charme de club historique que les nouveaux resorts ne peuvent pas télécharger. Ici, l’expérience tient autant à l’atmosphère qu’au score. On y croise des habitués, des arbres installés depuis longtemps, et cette impression que le golf a encore quelque chose d’un club social, pas seulement d’une application de réservation.
Pourquoi y jouer ? Pour changer de rythme. Le tracé demande moins de puissance brute que de placement. Il oblige à réfléchir, ce qui est toujours contrariant quand on avait prévu de régler le problème au driver. Monsieur Bogey adore : il appelle cela “un environnement pédagogique”. Moi, j’appelle cela un par sauvé au putter de quatre mètres.
Le détail qui change tout : le côté old school. Pas ringard, juste patiné. On y vient pour une ronde plus intime, presque locale, qui complète bien l’expérience rabatie.
Prix indicatif : comptez environ 600 à 1 000 MAD selon les conditions d’accès, la saison et les disponibilités. Vérifiez toujours à l’avance, car les clubs marocains peuvent réserver certains créneaux aux membres ou aux compétitions.
Où dormir : hôtel de golf à Rabat ou adresse de ville ?
Si vous cherchez un hôtel de golf à Rabat au sens strict, Dar Es Salam reste l’aimant naturel : choisir un établissement proche du domaine simplifie les départs matinaux. Mais je préfère souvent dormir en ville. Rabat se savoure après le dernier putt, quand les chaussures respirent enfin et que la médina commence à sentir le pain chaud.
Pour le grand confort classique, La Tour Hassan Palace reste une valeur sûre : emplacement central, service rodé, atmosphère de palace marocain sans hystérie décorative. Le Fairmont La Marina Rabat-Salé, sur la rive de Salé, propose une version plus contemporaine, avec de belles vues sur le Bouregreg et une sensation de week-end très maîtrisée.
Pour une expérience plus intime, Euphoriad, dans la médina, est une excellente option boutique : peu de chambres, beaucoup de goût, et cette impression d’être dans une parenthèse plutôt que dans un couloir d’hôtel. Riad Dar El Kébira est aussi une adresse crédible pour ceux qui veulent rester proches des ruelles, des remparts et du Rabat plus piéton.
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Grand Slam, Collection Amen Corner40 €Boire un verre, manger juste : mes bonnes adresses après 18 trous
Après une partie, il y a deux écoles : celle qui analyse son index, et celle qui commande. Je respecte les deux, mais je voyage davantage avec la seconde. Pour un verre, Le Dhow, bateau amarré sur le Bouregreg, fonctionne très bien au coucher du soleil. La vue fait le service à elle seule, et personne ne vous oblige à raconter votre socket du 12.
Pour une table marocaine élégante, Dinarjat, dans la médina, reste une belle adresse. On y va pour les salons, les musiciens certains soirs, les tajines, les pastillas et l’impression délicieuse que le dîner a commencé avant même l’entrée. Le Ziryab offre également une expérience traditionnelle raffinée, utile si vous voulez convertir un partenaire non golfeur au principe du voyage “toi tu visites, moi je trois-putte”.
Pour du plus simple et très local, Dar Naji est une institution populaire : couscous, tajines, salades marocaines, service efficace, ambiance vivante. C’est parfait après une journée de golf, quand votre organisme réclame autre chose qu’une barre protéinée écrasée dans la poche du sac. Pour le poisson, Al Marsa, côté marina, fait le travail avec sérieux.
Ce qu’il faut goûter : la carte de score comestible
Le Maroc n’a pas inventé le réconfort, mais il l’a certainement perfectionné. Après 18 trous, commencez par des salades marocaines : zaalouk d’aubergine, taktouka aux poivrons, carottes au cumin. C’est coloré, précis, et plus fiable qu’un coup punché sous les branches.
Ensuite, tajine de poulet au citron confit, agneau aux pruneaux, kefta aux œufs, ou couscous du vendredi si le calendrier coopère. La rfissa, plat généreux à base de msemen, lentilles et poulet, mérite une mention spéciale : ce n’est pas un plat, c’est une couverture chauffante avec des épices.
Gardez une place pour les cornes de gazelle, les briouates au miel, les dattes et le thé à la menthe. Ce dernier n’est pas une boisson, c’est un protocole diplomatique. Il permet de signer la paix avec son score, son partenaire, et parfois son bois 3.
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Street Golf Culture, Camo40 €Un peu d’histoire : Rabat, capitale calme et golf royal
Rabat fut d’abord une ville de forteresse et d’embouchure. La kasbah des Oudayas rappelle l’époque almohade, la tour Hassan raconte l’ambition inachevée d’un grand chantier, et les remparts parlent d’une ville qui a longtemps regardé l’océan avec prudence. Au XXe siècle, le protectorat français en fait la capitale administrative du Maroc, rôle qu’elle conserve après l’indépendance.
Socialement, Rabat n’a pas le tempérament tapageur. Fonctionnaires, étudiants, diplomates, familles anciennes, nouveaux quartiers, tramway moderne : la ville avance avec une politesse qui peut surprendre. Elle n’est pas molle, elle est tenue. C’est peut-être pour cela que le golf y va si bien : on y valorise la mesure, le respect du tempo, l’art de ne pas confondre puissance et autorité.
Golfiquement, l’histoire marocaine commence avec les influences européennes du début du XXe siècle, puis prend une dimension nationale avec la volonté royale de structurer la discipline. Dar Es Salam, le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem ont donné au Maroc une visibilité internationale rare en Afrique du Nord. Le golf n’y est pas qu’un loisir importé : c’est devenu une vitrine sportive, touristique et parfois sociale, avec des académies, des compétitions et une vraie fierté locale.
Budget concret pour un séjour de golf à Rabat
Pour trois nuits et trois parcours, le budget dépend surtout du niveau d’hôtel et du nombre de green-fees premium. En version confortable mais raisonnable, comptez environ 900 à 1 400 euros par personne hors vols, avec hôtels corrects, transferts, trois parcours et de bons repas. En version palace, Dar Es Salam en point d’orgue et restaurants choisis, on peut monter au-delà de 1 800 euros.
Les postes à surveiller : voiturette, caddie, transferts vers les parcours autour de Rabat, et extras d’hôtel. Les green-fees marocains évoluent selon saisons et accords, donc confirmez toujours directement. Enfin, pensez à préparer votre sac avant de partir : gants, balles, polo respirant, couche légère pour le matin. La sélection du pro-shop UP Golf Society peut éviter l’achat panique d’une casquette douteuse à l’aéroport. Monsieur Bogey possède déjà la sienne.
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Quelle est la meilleure saison pour jouer à Rabat ?
Le printemps et l’automne sont les meilleures périodes : températures douces, lumière superbe, parcours agréables. L’hiver peut être très jouable, avec quelques pluies. L’été impose des départs matinaux, surtout si vous n’avez pas envie de finir votre partie en tajine personnel.
Quel budget prévoir pour les green-fees ?
Pour les prix du golf à Rabat et dans les environs, prévoyez une fourchette large de 450 à 1 400 MAD par parcours. Dar Es Salam est le plus premium, tandis que Plage des Nations ou Bahia Golf Beach offrent souvent un excellent rapport qualité-prix. Ajoutez caddie, voiturette et practice si besoin.
Faut-il être très bon joueur pour un séjour de golf à Rabat ?
Non, mais il faut choisir intelligemment. Les index moyens peuvent se régaler sur le Bleu ou le Vert de Dar Es Salam, Plage des Nations et Bahia. Les joueurs confirmés iront chercher le Rouge de Dar Es Salam pour le défi. Dans tous les cas, prenez un caddie si possible : il sauve des coups, du temps et parfois l’estime de soi.
Rabat n’est pas une destination qui vous saute au cou. Elle vous serre la main, vous observe jouer, puis vous invite à dîner si vous vous tenez correctement. C’est peut-être cela, son luxe : une capitale où le golf a de la mémoire, les adresses du fond, et les fins de journée assez douces pour transformer un 89 mal rangé en très bon souvenir.






