Il y a des voyages où l’on cherche le dépaysement, et d’autres où l’on cherche surtout son driver après un départ un peu enthousiaste. Pour un séjour de golf au Maroc, on trouve les deux : des palmiers qui ne jugent pas, des greens rapides, du thé à la menthe servi avec la précision d’un putt de deux mètres, et ce soleil qui transforme la moindre sortie de bunker en scène de cinéma.
J’ai posé mon sac entre Marrakech, Essaouira et Taghazout, avec une idée simple : jouer des parcours différents, éviter le safari des clubs trop compassés, manger correctement après 18 trous, et comprendre pourquoi le Maroc est devenu l’un des grands terrains de jeu des golfeurs francophones. Spoiler : ce n’est pas uniquement grâce aux babouches.
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Off The Clock, t-shirt oversized40 €Mon séjour de golf au Maroc : l’itinéraire que je referais
Le Maroc a un avantage rare : on peut construire un voyage golf sans passer sa vie dans un van, à condition de choisir une région principale. Marrakech offre la densité, Essaouira le vent et la respiration, Agadir-Taghazout la douceur atlantique. Pour une première fois, je conseille 6 à 8 nuits : trois autour de Marrakech, deux à Essaouira, deux vers Taghazout. Le swing garde sa dignité, le dos aussi.
Pour visualiser la carte des golfs au Maroc, le site de l’Office National Marocain du Tourisme reste une bonne porte d’entrée : Visit Morocco. Côté golf pur, la Fédération Royale Marocaine de Golf donne le pouls du pays, des compétitions aux clubs affiliés. Deux liens, zéro folklore, c’est presque trop sérieux pour cette rubrique.
Le fil rouge du voyage ? Ne jamais sous-estimer le 19e trou marocain. Ici, il ne s’agit pas d’un simple verre au club-house : c’est une institution parallèle, un ministère de la récupération lente, présidé par un tajine et contrôlé par le comité des cornes de gazelle.
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UP Circle, hoodie. Noir70 €Royal Golf Marrakech : l’histoire sous les eucalyptus
Le Royal Golf Marrakech, c’est le vieux monsieur élégant qui n’a pas besoin de lever la voix pour exister. Ouvert à la fin des années 1920, lié à l’histoire mondaine de la ville et aux passages de Churchill ou Eisenhower, il porte cette atmosphère de club ancien où les arbres semblent avoir vu plus de swings que nous n’avons envoyé de mails.
Pourquoi y jouer ? Pour comprendre la racine golfique de Marrakech. Le parcours n’est pas le plus spectaculaire du pays, mais il possède une âme. Les fairways se faufilent entre eucalyptus, cyprès et palmiers. On joue moins contre le dessin que contre la tentation de se croire plus précis qu’on ne l’est vraiment. Le golf, ce grand audit de l’ego.
Le détail qui change tout : l’ombre. À Marrakech, elle vaut parfois un wedge neuf. Sur certains trous, les arbres encadrent la ligne de jeu comme des rideaux de théâtre. Il faut accepter de poser la balle, pas de la brutaliser. Le Royal récompense le tempo, cette qualité qu’on promet tous de travailler “cet hiver”.
Prix indicatif : selon saison et créneaux, comptez environ 80 à 120 € le green fee 18 trous. Les tarifs évoluent, les packages hôtel-golf peuvent alléger la note, mais on reste sur une expérience premium historique plutôt que sur une chasse à la remise.
Noria Golf Club : la pépite rapport qualité-prix de Marrakech
Noria Golf Club est mon choix malin. Pas le plus ancien, pas le plus mythologique, pas celui qu’on cite en premier dans un dîner où chacun polit son index comme une médaille. Mais pour moi, c’est l’un des meilleurs rapports plaisir-prix de Marrakech. Un parcours moderne, lisible, bien entretenu, suffisamment stratégique pour réveiller le cerveau sans l’envoyer chez le notaire.
Pourquoi y jouer ? Pour son équilibre. Noria propose 27 trous répartis en boucles, avec un dessin accessible mais jamais plat. Les départs sont accueillants, les approches demandent de la réflexion, et l’ambiance reste moins intimidante que dans certains clubs où votre polo semble passer un entretien d’embauche.
Le détail qui change tout : le bassin rectiligne face au club-house, très photogénique, presque trop parfait. On dirait qu’un architecte a posé une règle sur le désert en disant : “Et maintenant, bonne chance pour ne pas y penser au moment de putter.” C’est beau, graphique, légèrement cruel. Donc golfique.
Prix indicatif : souvent autour de 55 à 85 € le green fee 18 trous selon période. Pour un parcours de golf au Maroc aussi soigné, c’est une vraie option de bon sens. La fameuse pépite : pas cachée, mais pas assez célébrée.
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A Win For The Ages!, Collection Brush Series40 €Golf de Mogador, Essaouira : Gary Player et le vent comme coach mental
À Essaouira, le Golf de Mogador a été dessiné par Gary Player. Traduction : ce n’est pas une promenade digestive. Les dunes, les pins, les ouvertures vers l’Atlantique et le vent forment un comité d’accueil très courtois, mais assez ferme. Ici, le slice ne part pas à droite : il part “en réflexion”.
Pourquoi y jouer ? Pour la variété. Mogador donne l’impression de jouer dans un paysage plus sauvage, moins domestiqué. Le terrain respire. Les trous ont de l’espace, mais le vent redistribue les cartes avec l’humour d’un croupier qui aurait raté son petit-déjeuner. C’est un golf qui vous oblige à inventer des coups, à baisser les trajectoires, à accepter le bogey élégant.
Le détail qui change tout : l’air d’Essaouira. Salé, vif, parfois insolent. Après Marrakech, on sent la différence dès le premier tee. Le jeu devient plus terrien, plus instinctif. On choisit un club de plus, parfois deux, puis on prétend que c’était tactique. Le caddie sourit. Il sait.
Prix indicatif : environ 70 à 95 € le green fee 18 trous, variable selon saison et offres. Le rapport expérience-prix est solide, surtout si vous aimez les parcours avec du caractère plutôt que des fairways qui ressemblent à des tapis de palace.
Tazegzout Golf, Taghazout : le Maroc version océan, sans carte postale facile
Au-dessus de Taghazout Bay, Tazegzout Golf déroule ses trous avec vue sur l’Atlantique. Oui, la phrase pourrait finir en brochure. Sauf qu’ici, le parcours a de vraies dents. Kyle Phillips a signé un tracé vallonné, panoramique, parfois spectaculaire, qui réclame de la lucidité. La mer est là, mais elle ne joue pas à votre place. Dommage, elle a l’air en forme.
Pourquoi y jouer ? Pour le mélange entre relief, lumière et stratégie. Certains départs donnent envie de sortir le téléphone avant le driver, ce qui reste un mauvais ordre des priorités, mais un excellent souvenir. Les mises en jeu demandent de choisir : sécurité, ambition, ou cette troisième option très humaine appelée “j’ai vu un pro le faire sur YouTube”.
Le détail qui change tout : les changements d’altitude. On ne joue pas seulement en longueur, on joue en perspective. Le club en main peut paraître évident, puis le vent, la pente et l’orgueil se réunissent pour contester la décision. Ambiance conseil municipal.
Prix indicatif : souvent autour de 75 à 110 € le green fee 18 trous, selon saison et package. C’est l’un des parcours de golf au Maroc les plus mémorables si vous cherchez autre chose qu’une succession de trous bien coiffés.
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Sean, Classic Crewneck. Bleu40 €Un peu d’histoire : du club colonial au golf marocain moderne
Le golf au Maroc s’est installé au début du XXe siècle dans le sillage des échanges européens, du protectorat et des élites urbaines. Comme souvent dans l’histoire du golf, le sport arrive d’abord par les clubs, les diplomates, les militaires, les grands hôtels. Puis il se marocanise, se structure, s’ouvre progressivement, porté par la volonté royale et par le tourisme.
Le tournant moderne se lit notamment avec le Royal Golf Dar Es Salam à Rabat, imaginé dans les années 1970 avec Robert Trent Jones et associé au Trophée Hassan II. Cet événement a placé le pays sur la carte internationale, bien avant que les golfeurs ne commencent à comparer les riads sur leur téléphone avec la gravité d’un comité scientifique.
Socialement, le golf marocain raconte aussi une transformation du voyage. Marrakech, Essaouira ou Agadir ne sont plus seulement des décors pour week-ends pressés. Ce sont des villes où travaillent des caddies, jardiniers, enseignants, chauffeurs, restaurateurs, artisans. Le tourisme golfique irrigue une économie locale, avec ses réussites et ses questions : eau, foncier, accès au sport, formation. Un beau parcours ne dispense jamais de regarder autour.
Bonnes adresses : dormir, boire, manger sans faire bogey
Où dormir
À Marrakech, El Fenn reste une adresse superbe pour ceux qui veulent la médina avec style, terrasses, couleurs et ce chic décontracté qui semble dire : “Je n’ai pas essayé, mais j’ai très bien réussi.” Plus classique et très haut de gamme, La Mamounia demeure une institution, avec jardins souverains et service millimétré.
Pour une option plus intime, Riad Kniza offre une hospitalité marocaine raffinée, moins spectaculaire mais profondément élégante. À Essaouira, Heure Bleue Palais coche les cases charme, emplacement et atmosphère. Vers Taghazout, Hyatt Place Taghazout Bay est pratique pour jouer Tazegzout sans transformer chaque départ en expédition.
Où boire un verre
À Marrakech, le Churchill Bar de La Mamounia est le genre d’endroit où l’on commande un cocktail en parlant plus bas, comme si le score de la veille pouvait nous entendre. Plus vivant, Kosybar près de la place des Ferblantiers offre une belle terrasse au coucher du soleil.
À Essaouira, Taros reste une valeur sûre pour boire un verre avec vue, musique et vent dans les cheveux. Attention : le vent d’Essaouira est capable de déplacer une olive. Ne lui confiez pas votre carte de score.
Où manger
À Marrakech, Al Fassia est une référence pour une cuisine marocaine tenue, généreuse, précise. Le service y a cette assurance tranquille des maisons qui n’ont rien à prouver. Nomad, dans la médina, propose une version plus contemporaine, agréable en terrasse, notamment pour un déjeuner entre deux errances.
À Essaouira, La Table by Madada travaille bien les produits de la mer. À Agadir, Pure Passion, sur la marina, est une adresse solide pour poissons et fruits de mer après Tazegzout. Après 18 trous, le corps réclame des protéines ; l’âme, elle, réclame des frites. Les deux négocient.
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Sundays On The Course. Vert/Gris40 €Ce qu’il faut goûter après 18 trous
Le Maroc est dangereux pour le golfeur discipliné. On arrive avec un plan nutritionnel, on repart avec une opinion très forte sur l’amlou. Après une partie, commencez par un thé à la menthe : brûlant, sucré, théâtral. Le serveur le verse de haut, vous avez envie d’applaudir, c’est normal.
Côté plats, goûtez la tanjia marrakchia, viande longuement confite, idéale après une journée où vos fers ont manqué de tendresse. Le tajine au poulet, citron confit et olives reste un classique qui ne trahit jamais. La pastilla, sucrée-salée, est plus sophistiquée qu’un coup punché sous le vent.
À Essaouira, privilégiez sardines, dorades, calamars, poissons grillés. Le vendredi, si vous tombez sur un bon couscous, ne discutez pas : réservez votre après-midi à la digestion diplomatique. Au petit-déjeuner, msemen, crêpes mille trous, miel et amlou composent une préparation physique discutable mais moralement irréprochable.
Prix du golf au Maroc : budget réaliste, pas conte de fées
Parlons franchement du prix du golf au Maroc. Ce n’est pas une destination “low cost” si vous visez les plus beaux parcours, de bons hôtels et des transferts confortables. Mais le rapport qualité-expérience reste excellent comparé à beaucoup de destinations européennes en haute saison.
Pour un voyage de 7 nuits avec 4 green fees, hôtels confortables, quelques bons restaurants et transferts privés, comptez souvent entre 1 500 et 2 500 € par personne hors vols, selon standing et période. En version plus raisonnable, avec riads bien choisis, parcours malins comme Noria, et dîners moins palace, on peut contenir le budget autour de 1 100 à 1 600 € hors vols.
Le vrai conseil : réservez les départs tôt en haute saison, vérifiez les conditions de location de clubs si vous voyagez léger, et demandez les packages hôtel-golf. Avant de fermer la valise, un passage par le pro-shop UP Golf Society permet aussi d’éviter le syndrome du polo oublié, maladie fréquente et socialement sous-estimée.
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Sundays On The Course. Rouge/Gris40 €FAQ : préparer son voyage sans finir dans le rough administratif
Quelle est la meilleure saison pour un séjour de golf au Maroc ?
Les meilleures périodes sont octobre à avril, avec une préférence pour novembre, février et mars. Les températures sont agréables, les parcours souvent en bon état et la lumière superbe. L’été peut être très chaud à Marrakech ; sur la côte, Essaouira et Taghazout restent plus respirables.
Quel budget prévoir pour jouer plusieurs parcours ?
Pour quatre green fees, prévoyez environ 280 à 420 € selon les clubs choisis. Ajoutez voiturette, caddie, transferts et restauration. Un séjour de golf au Maroc peut rester raisonnable si vous mélangez parcours iconiques et pépites au bon rapport qualité-prix.
Faut-il un très bon niveau pour profiter des parcours ?
Non, mais il faut être honnête avec son jeu. Noria conviendra à beaucoup de profils. Mogador et Tazegzout demandent davantage de gestion, surtout avec le vent. Un index moyen peut s’y régaler, à condition d’accepter que le par soit parfois une fiction littéraire.
Verdict de Romane : y aller pour le golf, revenir pour le reste
Ce que j’aime dans le Maroc golfique, c’est qu’il ne se résume pas à un alignement de greens bien tondus. Il y a l’histoire du Royal Marrakech, l’intelligence de Noria, la respiration de Mogador, le relief de Tazegzout. Il y a aussi les caddies qui lisent les pentes avec une sagesse vexante, les repas qui rallongent la journée, les médinas qui remettent les priorités dans le bon ordre.
Un séjour de golf au Maroc, réussi, n’est pas celui où l’on coche tous les parcours comme des cases sur une application. C’est celui où l’on choisit ses batailles : un matin de précision, un après-midi de vent, un dîner qui console, un verre qui refait la carte. Et si votre score ne suit pas, souvenez-vous : au Maroc, même les bogeys ont meilleur goût avec du citron confit.
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