Il y a des villes qui vous accueillent avec une coupe de champagne. Essaouira, elle, vous reçoit avec un coup de vent, deux mouettes en pleine réunion syndicale et cette lumière blanche qui rend les photos meilleures que votre contact au fer 7. Pour un séjour golfique à Essaouira, il faut accepter le pacte local : l’alizé joue dans votre partie. Il ne paie pas son green-fee, ne répare jamais ses pitchs, mais il donne du caractère à tout.
Je suis venue chercher du golf, j’ai trouvé une ville qui ne se presse pas. Une médina classée, un port qui sent la sardine grillée, des arganiers têtus, des fairways posés entre dunes et Atlantique. Le tout sans ce côté démonstratif de certaines destinations golfiques qui vous vendent le luxe comme une option obligatoire. Ici, le chic a les cheveux emmêlés.
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One More Round. Vert Kaki40 €
Sean, Classic Crewneck. Bleu40 €Réussir son séjour golfique à Essaouira sans jouer la carte postale
Essaouira n’est pas une destination de golf à accumulation. On ne coche pas huit parcours en six jours comme un collectionneur de balles logotées. On vient pour jouer juste, respirer, refaire le monde sur un rooftop, puis constater que le vent a également refait votre trajectoire de drive.
La bonne formule ? Trois à cinq nuits sur place, deux ou trois parties à Mogador, et éventuellement une extension vers Marrakech si vous arrivez par là. Le trajet Marrakech-Essaouira se fait en environ trois heures, à travers une campagne sèche, des villages, des chèvres qui envisagent sérieusement une carrière dans l’escalade d’arganiers.
Pour préparer le sac sans transformer la valise en déménagement militaire, je conseille de faire simple : coupe-vent léger, polo respirant, chaussures stables, lunettes, crème solaire et une balle provisoire dans la poche, par superstition plus que par besoin, évidemment. Côté style, vous pouvez jeter un œil au pro-shop UP Golf Society avant de partir : le vent pardonne peu, mais il respecte les belles silhouettes.
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Grattes, Push-Slices Et Sockets, Bleue40 €Un peu d’histoire : Mogador, les alizés et Gary Player
Essaouira s’est longtemps appelée Mogador, nom qui résonne comme un vieux club persan et une chanson de marin. La ville moderne doit beaucoup au sultan Sidi Mohammed ben Abdallah, qui en fit au XVIIIe siècle un port stratégique ouvert sur l’Europe, l’Afrique subsaharienne et le monde juif marocain. Ici, les histoires se croisent : marchands, pêcheurs, artisans du thuya, musiciens gnaoua, surfeurs, artistes, chats très occupés.
Socialement, la région vit avec la mer, l’artisanat, le tourisme et l’arganier. Les coopératives féminines d’huile d’argan ne sont pas une décoration pour brochure : elles racontent une économie locale, des savoir-faire, une patience. L’arganier pousse lentement. Un peu comme un index de handicap honnête.
Côté golf, Essaouira est arrivée plus tard sur la carte. Le Golf de Mogador, dessiné par Gary Player, s’inscrit dans la vague des grands projets golfiques marocains des années 2000, mais avec une identité moins clinquante que certains resorts. Le parcours épouse les dunes, les zones sableuses, les arganiers. Pour les informations officielles sur la destination, l’office national du tourisme marocain reste une bonne porte d’entrée : Visit Morocco. Pour le golf sur place, vérifiez les ouvertures et réservations auprès du Golf de Mogador.
Les parcours à jouer : mes choix, mes excuses, mes balles perdues
Golf de Mogador – Parcours Nord : le grand test, sans costume-cravate
C’est le parcours principal, celui que l’on vient chercher. Signé Gary Player, le Nord déroule un vrai 18 trous de championnat, large en apparence, plus subtil dès que l’alizé entre dans la conversation. Les fairways semblent accueillants, puis un bunker vous rappelle qu’au Maroc aussi, le sable sait recevoir.
Pourquoi y jouer ? Parce qu’il offre le meilleur résumé du golf souiri : de l’espace, des dunes, des vues sur l’Atlantique par séquences, et des greens assez francs pour ne pas transformer chaque putt en enquête administrative. Le tracé demande de la stratégie sans humilier les joueurs moyens. Enfin, sauf le jour où vous annoncez : « Je vais attaquer le drapeau. » Phrase universellement suivie d’un silence gêné.
Le détail qui change tout : les zones naturelles autour des trous. On ne joue pas un golf posé sur un décor, on joue dans un paysage qui garde ses droits. Côté tarifs, comptez souvent entre 750 et 950 dirhams le green-fee 18 trous selon saison, avec supplément buggy ou chariot. Les prix bougent : appelez avant, votre portefeuille mérite aussi un practice d’échauffement.
Golf de Mogador – Second parcours : la pépite plus souple
Le second tracé de Mogador est l’option que j’aime recommander aux joueurs qui veulent du plaisir sans signer un traité de paix avec leur ego. Selon les périodes et l’organisation du club, il peut être proposé en configuration partielle ou complète : renseignez-vous avant de réserver, car le golf marocain, comme le thé à la menthe, a parfois son propre tempo.
Pourquoi y jouer ? Parce qu’il est moins intimidant, souvent plus rapide, et parfait pour une deuxième partie dans le séjour. On y travaille les trajectoires basses, les mises en jeu raisonnables, ce moment rare où l’on comprend qu’un hybride tapé proprement vaut mieux qu’un driver joué avec l’optimisme d’un ministre en campagne.
Le détail qui change tout : il permet de rejouer le lendemain sans finir en sculpture de sel. C’est aussi ma pépite rapport qualité/prix à Essaouira, surtout si une formule 9 trous, twilight ou seconde partie est disponible. Fourchette indicative : 450 à 750 dirhams selon format, saison et conditions. Pour un tarif du golf à Essaouira bien négocié, le créneau de fin de journée peut devenir votre meilleur allié.
Royal Golf de Marrakech : l’extension historique avant ou après Essaouira
Si vous atterrissez à Marrakech, gardez une journée pour le Royal Golf. Ce n’est pas Essaouira, certes, mais c’est une étape logique dans un voyage combiné. Créé dans les années 1920, fréquenté par Churchill et Eisenhower, il a cette élégance de vieux club où les arbres ont vu passer plus de swings que certains pros n’ont posté de stories.
Pourquoi y jouer ? Pour l’histoire, les fairways bordés d’eucalyptus, de palmiers et d’orangers, et cette sensation de golf classique, moins spectaculaire mais plus subtil. Après les alizés d’Essaouira, Marrakech paraît presque immobile. C’est trompeur : les greens, eux, savent glisser le poignard avec politesse.
Le détail qui change tout : l’ambiance vieille école, assez loin du resort démonstratif. On joue dans un morceau d’histoire du golf marocain. Fourchette indicative : 800 à 1 100 dirhams le green-fee selon saison. À intégrer en ouverture ou fermeture de séjour, pas en aller-retour dans la journée si vous aimez encore votre dos.
Noria Golf Club Marrakech : le bon plan moderne et malin
Noria, toujours côté Marrakech, est mon choix de complément pour ceux qui veulent un tracé moderne, lisible, bien entretenu, sans forcément casser la tirelire. C’est le parcours qui plaît aux groupes de niveaux variés : assez intéressant pour les bons joueurs, assez accueillant pour les handicaps intermédiaires.
Pourquoi y jouer ? Pour ses trois ambiances distinctes, son dessin accessible et son rapport qualité/prix souvent très correct dans l’écosystème marrakchi. On n’y vient pas pour cocher un monument, mais pour jouer une partie agréable, fluide, efficace. Ce qui, en voyage golf, est une qualité sous-estimée. Comme le chariot qui ne couine pas.
Le détail qui change tout : les vues sur l’Atlas par temps clair et une architecture plus contemporaine, avec des lignes d’eau qui ajoutent juste ce qu’il faut de dramaturgie. Comptez environ 650 à 900 dirhams selon période et formule. Très bon candidat pour compléter un séjour golfique à Essaouira sans transformer le budget en bunker profond.
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Sundays On The Course. Rouge/Noir40 €Où dormir : médina, océan ou fairway ?
Pour dormir au plus près du golf, le choix évident reste le Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa, lorsque l’établissement est disponible selon les périodes d’ouverture et d’exploitation. L’avantage est simple : on passe du petit-déjeuner au tee de départ sans négocier avec la ville, les taxis ou sa propre capacité à être ponctuel.
Si vous préférez l’âme de la médina, Heure Bleue Palais est une très belle adresse, élégante sans tapage. Patio, terrasse, service solide : le genre d’endroit où l’on oublie vite son double bogey, sauf si votre partenaire de jeu l’évoque au dîner. Dans le même esprit, Villa Maroc et Madada Mogador offrent une expérience plus intime, avec cette douceur des maisons d’hôtes souiries.
Mon choix personnel : dormir deux nuits en médina, puis une ou deux nuits près du golf si vous enchaînez les parties tôt. Cela évite de choisir entre l’âme de la ville et le confort du joueur qui aime retrouver son sac sans escalader trois ruelles pavées.
Où boire un verre : rooftops, embruns et débriefs de mauvaise foi
Pour le coucher de soleil, Taros reste un classique. Terrasse, musique, vue sur la médina et l’océan : oui, c’est connu, mais parfois les classiques ont raison. On y refait la carte du jour avec une précision tactique que l’on aurait aimé posséder au départ du 12.
Salut Maroc offre une ambiance colorée, très Essaouira, parfaite pour un verre après la médina. C’est photogénique sans devenir un décor vide. Pour une atmosphère plus plage et planches de surf, Ocean Vagabond fonctionne bien, surtout quand le vent a décidé de coiffer tout le monde façon leader de groupe britpop 1997.
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Golf And Moscow Mule Before Sunset40 €Où manger : la mer, l’argan et le droit au dessert
Après 18 trous, il faut manger local. Pas « local » au sens vague de carte traduite en six langues, mais vraiment goûter ce que la région sait faire. À Essaouira, cela commence par les produits de la mer : sardines, soles, calamars, dorades, parfois grillés très simplement près du port. Chez Sam, institution marine avec vue sur les bateaux, reste une adresse crédible pour une assiette iodée.
Pour une table plus soignée, La Table by Madada est une valeur sûre : cuisine marocaine travaillée, poissons, épices nettes, jolie salle. Umia propose une cuisine contemporaine bien exécutée, idéale si vous voyagez avec quelqu’un qui refuse de manger trois tajines d’affilée au nom de la science. Caravane Café, plus bohème, a cette énergie souirie un peu théâtrale qui pardonne même les chemises trop expressives.
À goûter absolument : tajine de poisson aux légumes, sardines grillées, pastilla de fruits de mer, zaalouk, briouates, amlou au petit-déjeuner, huile d’argan alimentaire, miel, crêpes msemen et thé à la menthe. Le thé, ici, n’est pas une boisson : c’est un temps mort civilisé. Le golf devrait en prendre de la graine.
Budget réaliste : ce que coûte vraiment le plaisir
Pour un voyage confortable, comptez une base de 120 à 220 euros par nuit pour une belle adresse en médina ou près du golf, davantage en haute saison et dans les hôtels premium. Les maisons d’hôtes permettent de descendre le budget sans perdre le charme, surtout hors vacances scolaires.
Côté golf, le tarif du golf à Essaouira tourne généralement autour de 70 à 90 euros pour un 18 trous principal, hors extras. Ajoutez location de clubs, buggy, transferts et balles perdues au vent, cette taxe locale non officielle. Une partie à Marrakech peut coûter sensiblement la même chose, parfois plus selon le standing.
Pour les repas, on peut très bien déjeuner simplement pour 10 à 15 euros et dîner dans une bonne table pour 30 à 50 euros par personne selon boissons. Essaouira reste plus douce que Marrakech sur certains postes, à condition de ne pas commander comme si l’on fêtait une Ryder Cup personnelle tous les soirs.
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Sundays On The Course. Vert/Blanc40 €Quand partir et comment jouer le vent
Les meilleures périodes sont le printemps et l’automne : températures agréables, lumière superbe, affluence raisonnable. L’été peut être très plaisant grâce aux alizés, mais ces mêmes alizés transforment parfois un par 4 en dissertation philosophique. L’hiver reste jouable, avec des journées douces et des soirées plus fraîches.
Techniquement, jouez plus bas, prenez un club de plus, acceptez de viser large. Le vent à Essaouira n’est pas un obstacle, c’est un partenaire contrariant. Il vous apprend l’humilité mieux qu’un pro de club un lendemain de slice. Et il donne aux bons coups une saveur particulière : ici, une balle tenue dans le vent vaut presque un birdie.
FAQ : préparer son voyage golf à Essaouira
Quelle est la meilleure saison pour un séjour golfique à Essaouira ?
Le printemps, de mars à mai, et l’automne, de septembre à novembre, sont les périodes les plus confortables. L’été reste jouable grâce au vent, mais il faut aimer les trajectoires vivantes. L’hiver est doux, avec une lumière magnifique et des soirées plus fraîches.
Quel budget prévoir pour jouer au golf à Essaouira ?
Pour une partie 18 trous à Mogador, prévoyez généralement 750 à 950 dirhams, hors buggy et location de clubs. Un séjour de quatre nuits avec deux parties, hôtel confortable et bonnes tables peut se situer autour de 900 à 1 500 euros par personne hors vol, selon le niveau d’hébergement.
Faut-il être un très bon joueur pour profiter des parcours ?
Non, mais il faut être prêt à composer avec le vent et le sable. Les joueurs intermédiaires se régaleront en jouant stratégique. Les débutants accompagnés peuvent profiter de formats plus courts ou de créneaux adaptés. Les joueurs trop sûrs d’eux, eux, recevront une leçon gratuite de l’alizé.
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Par for the Tribe, t-shirt Oversized40 €Verdict de Romane
Essaouira n’est pas la destination qui crie le plus fort. Elle ne vous promet pas une débauche de parcours ni des villas calibrées pour brochure. Elle offre mieux : une identité. Du golf avec du relief, une ville avec du caractère, des tables sincères, une mer jamais décorative.
On y vient pour jouer, bien sûr. Mais on y reste mentalement pour ce mélange rare : les remparts, les alizés, les arganiers, le poisson grillé, les greens qui roulent et ce sentiment d’avoir voyagé plutôt que simplement consommé une destination. L’alizé, ce caddie non déclaré, vous aura peut-être coûté deux balles. Il vous aura surtout donné une histoire à raconter.






