L’histoire du golf se joue parfois en 24 putts et 12 birdies, mais rarement avec autant de panache que lors du 3M Open 2026, un vendredi où Michael Kim a fait valser les cercles sur sa carte comme un chef d’orchestre inspiré. Un 59 sur le PGA Tour, c’est un peu comme un albatros sur un par 5 : on en parle des années après, et seuls les initiés vous diront où ils étaient ce jour-là.
Au TPC Twin Cities, entre roughs disciplinés et doglegs récalcitrants, Kim a signé la 15e carte de 59 de l’histoire du circuit. Son arme ? Douze birdies, dont cinq d’affilée du 3 au 7, et une gestion chirurgicale de la pression qui donne des cheveux blancs aux caddies les plus aguerris. Le genre de performance qui fait passer le leaderboard du statut de simple tableau à celui de page de légende.
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Sundays On The Course. Rouge/Gris40 €Pourquoi le 59 reste-t-il un Everest sur le circuit ?
Depuis que le scoring existe, la barre des 60 hante les nuits des pros comme des amateurs. Malgré l’évolution du matériel et la professionnalisation extrême du circuit, passer sous cette frontière reste une prouesse rarissime : à ce jour, seuls quinze joueurs l’ont réalisée sur le PGA Tour. C’est dire si le chiffre a une charge mythologique. Car si la technologie a aplani bien des greens, la pression psychologique, elle, ne se laisse pas dompter par un simple wedge ajusté.
Faire 59, c’est d’abord négocier chaque trou en se sachant traqué par les chiffres et les caméras. La moindre hésitation, le plus léger lip-out, et la légende s’envole. Michael Kim, lui, a tenu le cap, acceptant de jouer stratégique sur le 18, préférant le lay-up à la tentative hollywoodienne au-dessus de l’eau. Cela aussi, c’est une leçon de modernité.
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Le TPC Twin Cities n’est pas du genre à distribuer les birdies à l’œil. Le finish, en particulier, réclame de la discipline. Le trou 18, un par 5 de 577 yards relooké par la météo locale, impose un dogleg droit et un plan d’eau intimidant pour les velléités de mise en deux. Vendredi, Kim a joué la sécurité : drive long mais prudent, lay-up pour éviter de tutoyer Neptune, et wedge « pas parfait » selon ses propres mots – le genre d’imperfection que même les puristes pardonnent quand le putt de 24 pieds file droit dans le mille.
La morale ? Au XXIe siècle, battre un parcours demande autant de sang-froid que de puissance. Et parfois, c’est la décision de ne pas tout tenter qui fait la différence entre l’anecdote et la légende.
Un exploit, des comparaisons et une filiation à assumer
On aurait presque oublié que la veille, un autre 59 avait été signé — par Scott Stevens, sur le PGA Tour Americas. Deux 59 en deux jours : hasard du calendrier ou symptôme d’une nouvelle ère du scoring ? Les puristes s’interrogent, les statisticiens s’affolent, mais la réalité demeure : chaque 59 porte sa signature, son contexte, sa dramaturgie propre.
Michael Kim s’inscrit désormais dans la lignée des rares élus : Al Geiberger, Chip Beck, David Duval, Paul Goydos, Jim Furyk… La liste reste courte, la pression d’autant plus grande pour transformer cet exploit en tremplin plutôt qu’en épilogue. Car si le 59 fait la une, c’est le dimanche soir que s’écrit la grande histoire — et pour Kim, la réponse se jouera à l’aune de sa capacité à gérer la suite.
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Sundays On The Course. Bleu/Blanc, Oversized40 €La tactique du 59 : entre lucidité et audace
Le récit du tour de Kim condense tout ce que le golf moderne peut offrir : une lecture parfaite des greens, un putting efficace (douze birdies : le chiffre parle de lui-même), mais aussi une lucidité rare au moment d’aborder le final. Quand la tentation du coup d’éclat rôde, Kim choisit l’option rationnelle, celle qui évite de basculer du côté obscur du leaderboard. Ce pragmatisme, c’est le signe d’une génération qui ne croit plus au hasard, mais à la préparation et à la gestion du momentum.
Au fond, ce 59 relance le débat sur la difficulté effective des parcours du PGA Tour et la nécessité (ou non) de durcir les setups. Mais à Blaine, ce vendredi, la seule question qui vaudra la peine d’être posée sera de savoir si Michael Kim pourra convertir cette avance en victoire, ou si la légende du 59 restera, une fois encore, un exploit solitaire.
Et maintenant ? L’héritage du 59, entre trace et espoir
Reste à voir comment le reste du field réagira : effet démobilisateur ou catalyseur de birdies ? Une chose est sûre : au TPC Twin Cities, on se souviendra longtemps de ce vendredi où Michael Kim a fait entrer son nom dans le cercle très restreint des hommes capables de faire plier la barrière mythique. Quant aux amateurs, ils auront au moins un nouvel argument pour expliquer à leur pro du samedi matin que, non, le birdie n’est pas qu’un accident de parcours.
Pour aller plus loin : on peut s’interroger sur la fréquence de ces scores exceptionnels, leur répartition dans l’histoire du PGA Tour et sur la psychologie des joueurs face à la pression du score parfait.
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