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British Open féminin 2014

Royal Birkdale, 2014 : quand Mo Martin a frappé l’histoire d’un coup de bois 3

C’est l’histoire d’un coup de bois 3 qui a traversé la Mersey et les certitudes. Sur le 18 de Royal Birkdale, en 2014, Mo Martin – une joueuse que le grand public aurait à peine reconnue à la sortie du clubhouse – a frappé plus qu’un simple coup de golf : elle a envoyé un uppercut tout droit dans la tradition du British Open féminin. Ambiance links, vent de travers, rough prêt à avaler les rêves : l’outsider californienne, ex-anonyme du LPGA, a déjoué toutes les lois du genre au bon moment.

La victoire d’une inconnue ? Un mythe anglais

Avant cette semaine de juillet, les statistiques étaient formelles : Mo Martin, c’était plus un nom de roman jeunesse qu’une menace sur un majeur. Un seul top 10 LPGA en carrière, six saisons à s’accrocher sur les circuits secondaires (alors Futures, devenu Epson Tour), la discrétion pour blason, la régularité pour moteur. Mais sur les links de Southport, la précision devient une arme de destruction massive. Surtout quand Birkdale punit les grandes frappeuses plus durement que le Brexit punit les importateurs.

Le coup du siècle sur le 18 : quand le conte bascule

Arriver sur le dernier trou d’un majeur sans fanfare ni trompette, c’est déjà un exploit. Mais poser la balle à 7 pieds du trou en deux coups sur un par 5 du British, c’est l’exploit. 237 yards à parcourir, un bois 3 entre les mains, une brise anglaise façon « tu ne passeras pas ». Mo Martin, petit gabarit mais grande précision, exécute un coup dont rêveraient bien des frappeuses du Tour. La balle file, heurte le mat, frôle l’albatros… et le putt pour eagle tombe. Premier eagle de la saison, et probablement le plus précieux de sa carrière.

Des géantes mises à l’épreuve par un links capricieux

Sur ce British Open féminin 2014, les favorites ne manquaient pas : Inbee Park, en quête du Grand Chelem, Suzann Pettersen, Shanshan Feng… Toutes avaient leur chance sur les deux derniers par 5. Mais Birkdale ne pardonne ni l’imprécision, ni l’excès d’assurance. Aucune ne parvient à détrôner la nouvelle reine du jour. Martin, elle, observe depuis le practice, suspendue à la fin de la partie comme on attend un verdict de la météo anglaise : incertain, mais potentiellement historique.

L’esprit links : la revanche des stratèges

Ce qui frappe dans cette victoire, c’est moins la surprise que la leçon stratégique. Martin, 1m57, moyenne de 234 yards au drive, n’a rien d’une cogneuse moderne. Mais sur un links comme Birkdale, le placement prime. Le rough avale les audacieuses, les greens fermes récompensent le cerveau plus que le biceps. Son caddie, surnommé « The Mayor » dans le vestiaire pour sa popularité, savait que Mo pouvait atteindre un par 5 en deux… une fois tous les cinq tournois environ. Il fallait que ce soit ce jour-là. Depuis, les puristes anglais s’en sont remis… à peine.

Pourquoi cette victoire résonne encore

L’exploit de Mo Martin à Birkdale n’est pas qu’une parenthèse enchantée : il symbolise ce que le golf britannique chérit par-dessus tout. L’intelligence de jeu, la patience, la capacité à saisir l’instant décisif. Le British Open féminin 2014 rappelle que la puissance n’est jamais seule maître à bord, surtout quand le vent souffle comme un scénario de Ken Loach. Pour tout golfeur qui a déjà rêvé d’un coup parfait, peu importe la stature ou le classement, Birkdale 2014 reste une invitation à croire à l’impossible… du moins, sur 237 yards vent de travers.

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